L’élection à la chambre régionale d’agriculture se clôture ce vendredi 31 janvier. Avant d’en connaître les résultats, France 3 Corse ViaStella vous propose un petit tour d’horizon des attentes des agriculteurs et quelles sont, selon eux, les priorités à défendre.
Ouverte depuis le 15 janvier dernier, l’élection à la chambre régionale d’agriculture se termine ce vendredi 31 janvier.
Avant d’en connaître les résultats, une équipe de France 3 Corse ViaStella a rencontré cinq agriculteurs installés entre la Plaine orientale et le début du Cap Corse. Ils exposent leurs attentent et les priorités qui, selon eux, sont à défendre.
Le reportage de Pierre Nicolas et Christian Giugliano :
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- Jean-François Crestini, maraîcher à Santa-Lucia-di-Moriani
“Si on veut nous aider, il faut nous accorder plus de crédit, pas dans le sens de l’argent, mais qu’on nous écoute un peu plus. Parce que là, on se sent vraiment délaissé. Récemment, j’ai déposé un permis pour construire un hangar sur mes terres, il a été refusé sous prétexte que la vocation agricole n’était pas démontrée."
- Ange-Noël Luiggi, céréaliculteur à Aleria
“Il y a des passerelles qu’il faut forcément trouver parce que sans fourrage et sans céréales, on ne peut pas forcément viser un produit authentique, de qualité, par le biais d’un cahier des charges dont l’INAO demande de manière très ferme à ce qu’il y ait une production locale. Sur ce point-là, il faut être cohérent. Et inversement, sans élevage, on ne peut pas vendre nos produits qui sont destinés à l’alimentation animale. Aujourd’hui, on sait parfaitement que les chambres n’ont pas un pouvoir décisionnel, ils ont surtout un pouvoir consultatif. Mais il faut quand même prendre conscience que si on ne donne pas les bonnes orientations, on est amené à dire que dans les cinq ou six ans à venir, on reparlera de la même chose. Aujourd’hui il y a des points qui sont très importants à éclaircir : la problématique des jeunes, de l’installation, à travers le foncier, à travers l’accès à l’eau.”
- Ange-Marie Battini, éleveur bovin à Alistro
“La principale chose, c’est le foncier. C’est un gros problème, selon moi, pour deux raisons. D’une part le prix des ventes d’un terrain agricole. Un jeune qui s’installe ne pourra pas l’acheter de nos jours en 2025. D’autre part, concernant tous les organismes qui favorisent une installation pour les jeunes agriculteurs, j’aimerais qu’ils appliquent une règle : prioriser l’installation à des jeunes corses. Parce qu’on est une île, on n’a plus de place, il y a des jeunes qui arrivent derrière et c’est la catastrophe. J’ai vu se vendre un terrain l’année dernière, 11 hectares pour 500.000 euros. C’était un terrain agricole. C’est vrai que c’est de la plaine, c’est plat, on est en bord de nationale, mais un jeune ne peut pas s’installer là-dessus. Le terrain a été acheté et le jeune de 18 ans qui était dessus ... Son projet est tombé à l’eau.”
- Famille Benigni, éleveurs de porcs et charcutiers à Santa-Maria-di-Lota
Christian Benigni, père : “La complexité des dossiers, ça ne va pas assez vite. J’ai la chance d’être installé depuis 25 ans, mais un jeune qui s’installe aujourd’hui souhaite démarrer tout de suite son activité et gagner de l’argent. Les banques, aujourd’hui, sont très frileuses.”
Henri Benigni, fils : “Ces dernières années ont été très difficiles. Tout a augmenté, on travaille comme des fous et au final, si on fait le calcul, je peux aller travailler n’importe où et je gagne la même chose. Après, c’est l’amour du métier, de travailler pour soi ... Mais si ça continue comme ça...”