"On ne comprend pas d'être aujourd'hui victimes de ces tags", la colère et l'incompréhension des propriétaires de la maison ciblée par un attentat à Lucciana

Lundi 25 décembre, aux environs de 23h30, une maison en construction d'un lotissement de Lucciana était la cible d'un attentat. Si les dégâts sont peu importants, l'action et les tags "FLNC", "IFF" et "Bon Natale" retrouvés sur les lieux suscitent l'incompréhension des propriétaires, un couple de jeunes Corses qui souhaite en faire sa résidence principale.

La stupeur et la colère. Venu assister, ce mercredi 27 décembre, à la reprise des travaux sur son habitation, située au sein d'un lotissement sur la commune de Lucciana, Sylvain Mazelly reste empli d'interrogations.

Pourquoi donc cette maison qu'il fait construire avec sa compagne a-t-elle été la cible, dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 décembre, d'un attentat ? Et pourquoi des tags "FLNC", "IFF" ou encore "Bon Natale" ont-ils été retrouvés sur les lieux ?

"IFF, on sait que c'est orienté vers une certaine mouvance"

Si les dégâts provoqués par la charge explosive, retrouvée dans le vide sanitaire de l'habitation, sont minimes, l'acte n'en reste pas moins incompréhensible pour ce couple de trentenaires, originaires du Fiumorbu et de la Balagne. Cette maison, assurent-ils, doit devenir leur résidence principale.

"IFF, on sait que c'est orienté vers une certaine mouvance, glisse Sylvain Mazelly. On ne comprend pas d'être aujourd'hui victimes de ces tags."

Une situation d'autant plus difficile à accepter, ajoute-t-il, en cette période de fête de fin d'année, d'ailleurs soulignée par l'inscription "Bon Natale" sur la façade principale. "C'est un moment festif où on est censé profiter un peu de nos familles et de notre entourage, et nous avons finalement dû quitter la fête familiale pour venir ici, suite à ces événements. Donc forcément, c'est frustrant."

Les travaux de ravalement de façade sont en cours. "Ces tags, on ne va plus les voir. On espère que ça permettra de tourner la page de ces événements", indique Sylvain Mazelly. "La colère s'estompe peut-être un peu, mais elle reste quand même présente en fond, poursuit-il. Aujourd'hui, nous attendons des réponses de la part des autorités, des explications sur ces tags, et que les gens réagissent là-dessus".

Soutiens politiques

Hier, déjà, plusieurs réactions politiques, notamment des partis nationalistes, sont intervenues sur ces faits. Dans un communiqué, Femu a Corsica écrit ainsi apporter son "total soutien à Sylvain Mazelly et à sa famille", face à cet attentat "incompréhensible et injustifiable", qui "démontre une nouvelle fois que la violence clandestine n'est pas la solution et entraîne des dérives."

Même soutien aux propriétaires de la part de Core in Fronte, qui s'interroge "sur les graffitis IFF et FLNC retrouvés sur place, contre ce couple de Corses". "À l'heure où des villas des colons français pullulent dans toute la Corse et où la spéculation fait rage, cette action contre la famille Mazelly-Croce n'a rien de politique", estime le mouvement indépendantiste.

Enfin, le PNC dénonce un acte "inaccettevule, è cuntrariu à ciò͘ ch'è no difendimu à nome di stu populu". "À sti giovani, chì cum'è tant'altri corsi, pratendenu à campà quì cù dignità è rispettu, li preghemu curagiu è forza !", conclut le communiqué.

Le parquet national antiterroriste s'est saisi hier du dossier. En Corse, tout au long de l'année 2023, ce sont près de 80 attentats à l'encontre d'habitations qui ont été recensés.