#InCasa : Que lire, que regarder pendant le confinement ? Les conseils de nos invités très spéciaux (Episode 14)

Chaque jour, des auteurs, corses, continentaux ou internationaux et des acteurs culturels concoctent un conseil pour nos internautes. Aujourd'hui, le réalisateur et documentariste Francescu Artily nous parle de l'auteur mexicain Juan Rulfo et de son recueil de nouvelles, Le llano en flammes.

Le conseil de Francescu Artily :

Ma recommandation, dans un contexte propice à la réflexion, est un livre de Juan Rulfo (1917/1986), l'une des figures majeures de la littérature mexicaine contemporaine. 
Son roman
Le llano en flammes est un ouvrage qui me fascine par la complexité de ses personnages et par la force poétique de sa forme narrative. 

Rulfo raconte avec une vitalité vibrante, la profonde misère du monde paysan d’un Mexique de l'après période révolutionnaire, de 1910 à 1920. 
Dans ce contexte, la ruralité, cette part secrète d'un Mexique traditionnel, commence à disparaitre et un paysage urbain s'impose. 

 

Rulfo témoigne avec un réalisme puissant de cette disparition.
L'ensemble des nouvelles qui composent
Le llano en flammes sont précisément les signes d'un monde qui a disparu.

Les personnages, des paysans ou des bandits, vivent loin du progrès et des illusions de la modernité.
Ils sont violents, désespérés, insolents, assassins, exploiteurs au cœur sec, ou bien figures de légende et tous nous renvoient vers le malheur d'un temps enfermé dans la pierre.

 

Rulfo libère la litterature des vérités orthodoxes


Le llano, une plaine brulée par le soleil et impropre à la culture, ne sert à rien.  
Il n'y a plus d'animaux, plus d'oiseaux, ne restent que quelques rares touffes d'herbe desséchées.

 

Dans cette nature hostile, chaque nouvelle aborde un moment de la vie des paysans…
La violence des relations avec les propriétaires terriens, la relation à la justice, l'injustice, la superstition, la prostitution, la guerre civile et l'incurie des hommes politiques.

Rulfo libère la littérature des vérités orthodoxes par sa normalisation de la tragédie, en s'écartant du climax.
Ce qui est particulièrement intéressant dans son œuvre c'est qu'il positionne la tragédie non pas comme la fin mais comme le point de départ de l’existence.


Francescu
 

Francescu Artily, la bio :
Francescu Artily a signé 5 documentaires. Entrez on ferme, Savannah et On m'a donné la terre racontaient la Corse d'aujourd'hui; Sandtown-Winchester et Island Road, plongent, eux, dans la réalité d'un quartier afro-américain de Baltimore, et celui d'une île de Louisiane, peuplée par des indiens, et qui est peu à peu engloutie par la mer...
Il tourne un court-métrage de fiction, Pour que rien ne change

 

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