Méridionale : regain de tensions sur le port de Bastia

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sébastien Bonifay
En juin dernier une intersyndicale menait une grève dans les ports de l'île et à Marseille pour demander des comptes à la direction de l' Méridionale et à la STEF, l'actionnaire principal.
En juin dernier une intersyndicale menait une grève dans les ports de l'île et à Marseille pour demander des comptes à la direction de l' Méridionale et à la STEF, l'actionnaire principal. © Christian Giugliano

En ce début d'après-midi, des coups ont été échangés entre les grévistes et des passagers excédés, qui sont bloqués à l'intérieur d'un navire de la Moby Lines depuis ce matin. Deux navires ont dû rebrousser chemin. La Corsica Linea annule toutes ses rotations pour aujourd'hui et demain. 

Le Moby Zazà est arrivé en milieu de matinée à Bastia.
Et depuis, les passagers attendent de pouvoir débarquer. 

Excédés, ils sont descendus sur le quai, à la rencontre des grévistes. 
Il était aux environs de 14 heures. 

La confrontation a tourné court, et des coups ont été échangés...
Fabien Paoli l'un des responsables de la Moby Lines, est même projeté à terre avant que des grévistes s'interposent. 

 


Pendant ce temps, le Sardegna Vera mettait le cap sur l'Ile Rousse, après que l'entrée du port de Bastia lui ait été interdite, tandis que le Moby Vincent, lui, mouillait au large en attendant de voir comment la situation évoluait.

5 autres navires étaient attendus dans la journée...
Dont trois de Corsica Linea, qui a fait savoir qu'elle annulait toutes ses traversées aujourd'hui et demain...

Les derniers rebondissements d'une journée mouvementée...
 

 

Retour sur la matinée:


Ils étaient une quarantaine de marins, réunis sur le quai, devant le Pascal Paoli. 
Aux environs de 7 heures ce matin. 

A bord du navire de Corsica Linea, plus de passagers. 

Mais encore une soixantaine de remorques. 
Du fret que les grévistes du STC, rejoints par la CGT, étaient bien décidés à ne pas laisser sortir. 

 

Le bateau devait repartir à 9h30, mais a du renoncer.

Quelques minutes plus tard, le Moby Zazà, de la Moby Lines, et un bateau de la Corsica Ferries, le Pascal Lota, étaient eux aussi bloqués par les grévistes. 

Enfin, un barrage était mis en place à l'entrée du port....

 

Le blocage a occasionné de sérieuses tensions entre les grévistes et les passagers qui ne pouvaient plus accéder aux quais pour embarquer et quitter l'île. 
Des passagers de la Corsica Ferries ont tenté de forcer le barrage.

  

Pour calmer les esprits, les marins, à 11h, ont décidé de mettre en place un barrage filtrant, qui laisse passer les passagers âgés, ou accompagnés de jeunes enfants. 
 

L'appel de Pascal Trojani


Le président de Corsica Linea, Pascal Trojani a voulu témoigner de la bonne volonté de la Corsica Linea, pour répondre aux demandes des grévistes, qui veulent une entente entre leur compagnie et la compagnie rouge et blanche, pour la prochaine DSP. 

Il l'a confirmé ce matin par téléphone à notre équipe:

 
 

Du côté de la direction de la Méridionale, on fait la sourde oreille


La position de Pascal Trojani a un peu rassuré les grévistes du STC et de la CGT, même si ce n'est pas vraiment nouveau. 
Comme nous le confiait Cyril Venouil, délégué STC:
 

Nous lui avons expliqué la nécessité de continuer un partenariat avec la Méridionale dans l'intérêt des salariés des deux compagnies. Il y répondu de manière favorable. 
Aujourd'hui celui qui a rompu le dialogue c'est notre actionnaire, le président Françis Lemort. Il porte avec sa direction la responsabilité de la situation...


Françis Lemort est finalement sorti de son silence. En fin d'après-midi.

Avec un communiqué pour le moins laconique où il pointe du doigt les errances supposées de la Collectivité de Corse. 

 

Communiqué de presse de la Méridionale



Françis Lemort y dénonce "les irrégularités qui faussent le jeu de la concurrence". Elle demande que "la consultation soit déclarée sans suite".

Quant à la main tendue de Pascal Trojani, le début d'un possible dialogue qui compte pour beaucoup dans les revendications des grévistes, pas un mot. 

Pas sûr que ça calme les marins et les sédentaires du STC et de la CGT...

 


"On envoie matraquer les travailleurs qui défendent leur emploi!"


La veille, c'est à Ajaccio que les marins de la Méridionale avaient bloqué le port, occasionnant des heurts avec les forces de l'ordre, durant plus d'une heure:

 

Cyril Venouil, le délégué du syndicat, avait alors dénoncé l'attitude de l'Etat:
 

On est là pour la défense de nos emplois, et aujourd'hui, en réponse, on dépose un arrêté qui nous interdit de nous positionner sur les ports qu'on dessert habituellement et qu'on desservira plus à partir du 1er octobre. Et parallèlement on envoie les forces de l'ordre pour venir matraquer des travailleurs qui défendent leur emploi...

 
 

Un peu plus tôt dans la journée, les marins du STC s'étaient réunis sur le Girolata, bloqué à Propriano, en assemblée générale. 

Pour rappeler leurs revendications. 

A six jours du vote de l'assemblée de corse sur la délégation de service public, ils réclamaient toujours la suspension de l'appel d'offres pour la délégation de service public.

Mais pas seulement. 
Ils demandaient que les directions de leur compagnie et de celle de Corsica Linea discutent pour candidater la prochaine fois ensemble, comme c'était le cas pour la DSP qui se termine en octobre...
 


 

 


 



 

 

 


 

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.