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PADDUC : reprise des débats à l'Assemblée de Corse

ILLUSTRATION - L'Assemblée de Corse. / © PHOTOPQR/NICE MATIN
ILLUSTRATION - L'Assemblée de Corse. / © PHOTOPQR/NICE MATIN

L'Assemblée de Corse a entamé ce jeudi un ultime débat avant de voter le Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) destiné à assurer pour trente ans l'équilibre entre la protection de la nature et du patrimoine et un développement économique et social harmonieux de l'île.

Par AM. avec AFP

Après une interruption à la mi-journée, les débats ont repris à 15 heures à l'Assemblée de Corse. Les conseillers territoriaux examinent l'ultime version du PADDUC. Si des modifications sont possibles elles devraient donc être minimes. 

En effet, le texte a été soumis à une enquête publique au terme de laquelle une commission a effectué sept recommandations et deux réserves. L'une porte sur espace remarquable sur la commune d'Ajaccio, l'autre sur la localisation et la cartographie de certains espaces agricoles. L'exécutif a procédé à des corrections en ce sens. 

Le texte pourrait donc être amendé sur ces quelques points mais il est difficile d'imaginer qu'il ne soit pas voté.

Femu a Corsica a déposé une dizaine d'amendements et menace de ne pas voter le texte s'ils ne sont pas pris en compte. La droite, de son côté, devrait en déposer quatre ou cinq. 

"Un projet de société"


L'objectif des élus porteurs de ce projet est avant tout de remédier à la spéculation foncière et immobilière et à l'urbanisation anarchique à laquelle fait face l'île de Beauté. C'est "un projet de société que nous avons élaboré collectivement et votre vote marquera un moment important de notre histoire que les Corses attendent depuis plus de trente ans", a déclaré la conseillère exécutive Maria Giudicelli à l'ouverture des débats.

Cheville ouvrière du plan élaboré depuis quatre ans, Mme Giudicelli, a souligné qu'il était "vital aujourd'hui de mettre un coup d'arrêt à une situation qui ne cesse de se dégrader" et qu'"il est temps que des digues soient posées (...) pour arrêter l'hémorragie foncière".

Ce plan, qualifié de "tromperie" par les organisations de défense de l'environnement, prévoit notamment de préserver 106.000 hectares d'espaces stratégiques agricoles pour limiter la spéculation foncière. Il souligne aussi l'importance de l'économie productive pour dégager la Corse des seules industries du tourisme et du BTP.

Amendements


Insistant sur le caractère politique du document, l'élu nationaliste Jean-Christophe Angelini, de la coalition Femu a Corsica (11 élus sur 51) a évoqué les "craintes et les menaces" pesant sur le plan et annoncé que son groupe présenterait une dizaine d'amendements. Ce PADDUC est le premier document de ce type élaboré par les élus insulaires depuis l'adoption d'un schéma d'aménagement préparé par l'Etat et adopté en 1992 et après
l'abandon en 2009 d'un précédent PADDUC.

Présenté par la droite, alors majoritaire à l'assemblée territoriale, il axait le développement de la Corse sur l'économie résidentielle et la construction à outrance de résidences secondaires. Sous la pression notamment des défenseurs de l'environnement et des nationalistes, ce PADDUC avait été abandonné, ce qui n'empêcha nullement le BTP de connaître un fort développement sur fond d'"urbanisation anarchique", aujourd'hui dénoncée par Mme Giudicelli, et de spéculation foncière et immobilière effrénée, parallèlement à une forte montée de la pauvreté dans l'île.

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