Présidentielle : mais qui est Emmanuel Macron ?

07/04/2017 - Emmanuel Macron, candidat d'En Marche!, lors d'une réunion publique à Furiani (Haute-Corse) / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
07/04/2017 - Emmanuel Macron, candidat d'En Marche!, lors d'une réunion publique à Furiani (Haute-Corse) / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Enfant chéri du système mais qui se dit "anti-système", conformiste ou audacieux, "ni de droite, ni de gauche", Emmanuel Macron, 39 ans, regard bleu et sourire facile est devenu dimanche 7 mai le huitième président de la Ve République.

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

Ancien banquier d'affaires chez Rothschild inconnu il y a trois ans, ministre de l'Economie deux ans durant, héritier et parricide de François Hollande, Emmanuel Macron, pour la première fois face à des électeurs, promet un "renouvellement" profond de la vie politique, à la tête d'un grand mouvement du centre.

Education bourgeoise chez les jésuites à Amiens, nez dans les livres auprès de sa grand-mère directrice de collège, c'est un élève modèle mais aussi rebelle, quand il s'agit de défier les conventions pour épouser sa professeure de français au lycée, de 24 ans son aînée.

Avec Sciences-Po Paris, un diplôme de philosophie, l'ENA promotion Sedar-Senghor puis l'Inspection générale des finances, il a attiré l'oeil de ses premiers mentors politiques: Jacques Attali en 2007; puis François Hollande, qui le nomma secrétaire général adjoint de l'Elysée en 2012 et le propulsa à Bercy à l'été 2014.

Quasi inconnu il y a trois ans


Ses "intuitions", alors qu'il n'a que "cinq ans de boutique en politique", selon l'expression d'un rallié de droite, impressionnent dans son premier cercle comme chez ses adversaires.

"Je pense que Macron a eu l'intuition, précisément parce qu'il était extérieur à la vie politique traditionnelle, que les partis de gouvernement avaient créé leurs propres faiblesses, avaient perdu leur propre attractivité, étaient, pour reprendre un vieux mot, usés, fatigués, vieillis", confiait récemment François Hollande.

Par exemple, "il a eu cette intuition de créer En Marche! quand il a élaboré sa loi" adoptée par 49-3 à l'été 2015, se souvient le député PS Richard Ferrand.

C'est en défendant ce texte fourre-tout, qui va de l'extension du travail du dimanche à la libéralisation du transport en autocar, qu'"il a constaté les scléroses du pays", souligne ce soutien de la première heure, secrétaire général du mouvement lancé le 6 avril 2016.

Emmanuel Macron, 39 ans, regard bleu et sourire facile est devenu dimanche 7 mai le huitième président de la Ve République. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Emmanuel Macron, 39 ans, regard bleu et sourire facile est devenu dimanche 7 mai le huitième président de la Ve République. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP


Emmanuel Macron en marche!


A la tête de sa petite entreprise politique, siglée de ses initiales, qui revendique aujourd'hui 250.000 adhérents (sans obligation de cotisation), Emmanuel Macron a affiché de plus en plus ostensiblement ses ambitions, avec un fervent meeting fondateur à La Mutualité le 12 juillet 2016 devant 3.000 personnes, puis en quittant le gouvernement le 31 août.

Son ascension a aussi été scandée par des déclarations polémiques: la colonisation était qualifiée en février de "crime contre l'humanité", alors qu'en octobre il avait noté que "la réalité de la colonisation", c'est "il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie".

Il a indigné la communauté LGBT, ainsi que l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira, en affirmant que les opposants au mariage pour tous avaient été "humiliés."

Alors qu'il était ministre, il a aussi choqué en qualifiant "d'illettrées" les employées d'un abattoir, ou bien en répondant à des grévistes en tee shirt qui lui reprochaient son costume, que "la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler".

Lui vante sa volonté de "tourner la page non seulement des cinq dernières années, mais aussi des vingt dernières", et prône la "bienveillance".

Le désormais nouveau président de la République Française veut à la fois "libérer" et "protéger", en refondant "un modèle social dépassé" tout en "réarmant les individus".

Un programme jugé flou par ses détracteurs, qui raillent sa propension à articuler dans la même phrase deux idées contradictoires, sans toujours éviter le jargon "techno".

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