Procès en appel des frères Guazzelli : « Je n’ai pas décidé que ma vie est en jeu, mais d’autres l’ont décidé pour moi »

Le procès en appel pour trafic de stupéfiants dans lequel comparaissent notamment les frères Guazzelli a débuté, ce lundi 27 mars, devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Un trafic qui aurait permis de financer le double assassinat de l'aéroport de Poretta, perpétré en 2017. Aujourd'hui, la cour a examiné les trajets réalisés dans un avion.

Pull gris, regard bleu acier, allure sereine, Christophe Guazzelli est présenté comme l’un des héritiers du gang de la Brise de mer et comme l’un des meneurs de ce trafic de stupéfiants entre la Corse, Marseille et l’Espagne.

Il a demandé au tribunal d’exercer son droit au silence, mais s’est néanmoins exprimé dans la journée. Lorsque le président essaye de savoir pourquoi il a voyagé plusieurs fois sous une fausse identité en avion de tourisme entre Marseille et la Corse, il se lève et prend la parole : « Le pilote ne savait pas que je voyageais sous une fausse identité. Mais vous savez, ma vie est compliquée. Je n’ai pas décidé que ma vie est en jeu, mais d’autres l’ont décidé pour moi ».

Son avocat, maître Julien Pinelli, déclare : « Garder le silence durant tout une semaine d’audiences, lorsque vous entendez l’accusation égrener les éléments que l’on veut vous opposer, lorsque vous entendez le rapport du président de la cour correctionnelle qui vient faire part d’accusations, de critiques et de reproches que l’on a pu vous faire au cours de l’information… Il est quasiment impossible de ne pas réagir. »

« On ne lui demande pas l’identité des passagers »

Dans le box, Jaouad Sebbouba explique qu’il a accompagné plusieurs fois Christophe Guazzelli sur le continent dans son avion de tourisme, par « amitié » et parce qu’il « devait effectuer des heures de vol ».

Son père a lui aussi été assassiné en mai 2022, à Bastia. Il affirme qu’il n’a jamais transporté de cannabis. « Il le disait déjà en première instance. À aucun moment, il ne lui a été demandé de donner l’identité des personnes qu’il transportait. Il a toujours donné à la tour de contrôle le nombre de passagers qu’il transportait sans qu’on ne lui demande l’identité de ces passagers. Mais ces passagers ont été contrôlés aux aéroports de départ et d’arrivée », soutient Me Adrien Milani, avocat de Jaouad Sebbouba

Après les voyages en avion, le tribunal s’intéresse au transport en camion. Les enquêteurs disposent de nombreuses conversations qu’ils ont réussi à décrypter sur des téléphones codés.