Syndicat d'Énergie de Corse-du-Sud : Jean Biancucci élu président

Ce vendredi, à Ajaccio, Jean Biancucci a été porté à la présidence du Syndicat d’Énergie de la Corse-du-Sud. Une élection qui s’est déroulée dans un contexte particulier, sur fond d'imbroglio politique et juridique.

Jean Biancucci sera le nouveau président du Syndicat d’Énergie de la Corse-du-Sud (SDE2A).  Le maire de Cuttoli-Corticchiato a été élu vendredi 24 septembre à l'issue d'un scrutin qui s'est déroulé au Palais des congrès d’Ajaccio.

Grâce à ses 82 voix (sur 200 votants), le conseiller territorial "Fà populu inseme" succède à Joseph Pucci, maire de Viggianello et ancien élu du Partitu di a Nazione Corsa (PNC) à l'Assemblée de Corse.

Si, à l’origine, le scrutin aurait dû comporter trois tours, il n’en a rien été. Jean Biancucci était le seul candidat officiel à briguer le fauteuil de la présidence.

En effet, la candidature de Joseph Pucci, président sortant, n’a pu être prise officiellement en compte, ayant été effectuée hors des statuts actuels. Néanmoins, le nom du maire de Viggianello a été écrit à la main sur une grosse majorité des 106 bulletins considérés comme "nuls".

Si Jean Biancucci est élu dans les statuts, l'opposition a recueilli plus de voix que lui. "Effectivement, il y a 106 voix qui se sont portées sur Jojo Pucci, indique le nouveau président du Syndicat. Je le comprends. C'est un garçon aimé qui a des sympathisants. Au-delà de tout ça, il y a 12 voix (votes blancs, ndlr) qui ont sans doute été des voix d'attente pour mieux apprécier la stratégie et les moyens qu'on mettra en oeuvre. Il va falloir travailler avec tout le monde. Ces deux derniers mois, il y a eu de polémiques qui ont alimenté l'atmosphère. Aujourd'hui, il faut sortir de tout ça et il faut essayer de construire ensemble."

De son côté, Joseph Pucci a déclaré : "Nous ne sommes pas élus aujourd'hui parce-que les status ne le permettent pas. C'est pour ça qu'on avait fait cette démarche auprès des maires pour qu'un president élu puisse etre issu du territoire des communes. Ces 106 voix me réjouissent et je félicite M. Biancucci pour son élection. Je suis en très bons termes avec lui et je l'apprécie énormément." 

Pierre-Paul Luciani (maire d’Albitreccia), François-Joseph Paravisini (maire de Cannelle), Jean-Marc Serra (maire de Sotta) et Paul Quilichini (maire de Sartène) ont quant à eux été élus vice-présidents des quatre circonscriptions de Corse-du-Sud au sein du SDE.

Des enjeux politiques

Programmée à l’origine le 7 septembre, cette élection de la présidence avait dû être reportée. La conséquence du bras de fer qui oppose la majorité territoriale à de nombreux élus et délégués du comité du Syndicat. Depuis quelques mois, ces derniers remettent en cause le statut d’attribution réservant le fauteuil de président du SDE2A à un représentant de la Collectivité de Corse.

Présentée par l’Exécutif, la candidature de Jean Biancucci avait suscité la polémique chez les élus opposés au mode de scrutin actuel. Parmi eux, Jean-Christophe Angelini et Paul Quilichini, respectivement maire de Porto-Vecchio et de Sartène.

Dans les rangs de l’opposition, on pointait une "ingérence" de l'Exécutif dans le mode d’attribution du poste de président.

Chez leurs adversaires de "Fà populu inseme", en revanche, on s’interrogeait sur les raisons de cette volonté de modifier ces statuts "juste après les résultats des élections Territoriales".

Validé en 2018, le modus operandi actuel avait, à l’époque, porté Joseph Pucci à la présidence du Syndicat d'Énergie. Le maire de Viggianello siégeait alors à l’Assemblée de Corse sous la bannière du Partitu di a Nazione Corsa. Depuis les dernières Territoriales, il ne figure plus dans l’hémicycle. Ce qui ne lui a donc pas permis de se présenter officiellement à cette élection.  

Appel devant le Conseil d'État

Le 17 août dernier, lors d’une réunion du comité du Syndicat, le changement de statut du mode de désignation du président avait été voté. Certains membres opposés à cette décision avaient alors saisi le tribunal administratif. Début septembre, cette juridiction avait jugé qu’une modification des statuts ne pouvait intervenir avant le renouvellement des organes dirigeants du syndicat, dont le président.

Une cinquantaine d’élus avait alors porté l’affaire devant le Conseil d’Etat. Celui-ci devrait désormais statuer le 15 octobre.

Peut-être la fin d’un imbroglio politique et juridique qui n’a cessé de planer sur ce Syndicat d’Énergie de Corse-du-Sud, source de tensions et d'enjeux depuis près de trois mois.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
élections société