Trafic de stupéfiants entre Ajaccio et Propriano : 17 personnes mises en examen

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Écrit par A.S. (avec M.-F. S et M.P.)

Les dix-sept personnes interpellées entre Ajaccio et Propriano le 20 juin dernier dans le cadre d'une enquête sur un trafic de stupéfiants ont toutes été mises en examen. Dix d'entre elles ont été placées en détention provisoire.

Diligentée par un juge d'instruction ajaccien, l'enquête d'envergure sur un vaste trafic de stupéfiants entre Ajaccio et Propriano progresse.

Vendredi 24 juin, lors d'une conférence de presse, Nicolas Septe, procureur de la République d'Ajaccio, a confirmé la mise en examen des dix-sept personnes qui avaient été interpellées lundi dernier puis placées en garde à vue :

 "Dix personnes ont été présentées et incarcérées, a-t-il détaillé. Quatre ont également été placées sous bracelet électronique et assignées à domicile. Trois autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire."

  • Interview de Nicolas Septe, procureur de la République d'Ajaccio

3,2 millions d'euros de chiffre d'affaires

Dans ce dossier "hors norme", dixit le procureur de la République, ce sont au total douze kilos de drogue qui ont été saisis : six kilos de résine de cannabis et l'équivalent en cocaïne. "Plus de 100.000 euros ont été saisis, ainsi que des véhicules et des armes", précise le procureur de la République.  

Selon les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Corse, ce trafic aurait généré un chiffre d'affaires de 3,2 millions d'euros pour un bénéfice qui dépasse les 600.000 euros. Au cours de leur enquête, qui s'étale sur vingt mois, ils estiment à 100 kilos de cannabis et 17 kilos de cocaïne la quantité de produits stupéfiants qui auraient circulé via ce réseau.

Près de deux ans d'enquête

Les dix-sept interpellations du 20 juin dernier sont le fruit d'une enquête d'envergure menée par les gendarmes et débutée en août 2020.

"Nous avons obtenu le renseignement qu'un détenu du centre pénitentiaire de Borgo dirigeait un trafic de stupéfiants qui irriguait la région ajaccienne, explique le colonel Nicolas Michel, commandant de la section de recherches de la gendarmerie de Corse.  Lorsque cet individu a été libéré à la fin de l'année 2021, il a repris les affaires et les commandes de de son réseau de trafic de stupéfiants. Le dossier a donc connu une accélération sensible. Nous avons donc mis de gros moyens dès le départ et avons également travaillé de concert avec le GIR (Groupe interministériel de recherches) pour nous attaquer au volet blanchiment de ce dossier." 

  • Interview de Nicolas Michel, commandant de la section de recherches de la gendarmerie de Corse

Selon les enquêteurs, l'argent du trafic aurait notamment été investi dans un établissement ajaccien qui a été placé sous scellé.