• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • DÉCOUVERTE
  • SPORT
  • CULTURE
  • ÉCONOMIE

École “inclusive” : des progrès mais peut encore mieux faire

La loi Blanquer votée en juillet dernier prévoit plus de moyens pour accueillir les élèves en situation de handicap dans les écoles "normales". / © IP3 PRESS/MAXPPP
La loi Blanquer votée en juillet dernier prévoit plus de moyens pour accueillir les élèves en situation de handicap dans les écoles "normales". / © IP3 PRESS/MAXPPP

25.000 de plus que l’an dernier. C’est le nombre d’enfants en situation de handicap qui ont rejoint l’école en cette rentrée. C’était l’un des engagements du gouvernement. Mais dans les établissements scolaires, parents, et accompagnants dénoncent des moyens insuffisants. 

Par Stéphane Hilarion

L'école "inclusive" est au cœur de la loi pour l'école de la confiance votée en juillet dernier : mieux inclure les élèves en situation de handicap en milieu scolaire "ordinaire". Quatorze ans après la loi du 11 février 2005, dite loi Handicap, qui pose le droit pour chaque enfant handicapé d'être scolarisé dans l'école de son quartier, 25.000 enfants en plus ont été scolarisés cette année. Ils seraient selon les chiffres de l’Éducation nationale, 248.000 dans le premier degré et 160.000 dans le second. Des chiffres qui ont triplé en une douzaine d’années.

Cette nouvelle loi dite "Loi Blanquer" a instauré également la création de "pôles inclusifs d'accompagnement localisés" (PIAL), dont la mission est de coordonner "les moyens d'accompagnement humain en fonction des besoins des élèves en situation de handicap", et de cellules d’écoute pour que chaque demande des familles soit "prise en compte sous 24 heures". Enfin, selon le gouvernement, 4500 accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) ont été recrutés pour cette rentrée.

L’envers du décor

"Sur le papier, les annonces vont dans le bon sens. Sur le terrain, il n'y a pas grand-chose qui bouge", regrette l'Unapei, qui milite pour l'accès des enfants handicapés à l'éducation. L'association a lancé en août une plateforme (marentree.org) pour permettre aux personnes confrontées aux problèmes de scolarisation de s'exprimer. Et ils sont encore très nombreux à n’avoir aucune solution pour leur enfant. Avec à la clé,  des situations extrêmement compliquées à gérer pour les familles. De nombreux enseignants témoignent également sur les réseaux sociaux de leurs difficultés à "gérer" ces enfants au quotidien sans accompagnement.
 

La colère des AESH

Partout dans le pays, les AESH montent des collectifs pour dénoncer leurs conditions de travail. Et ce n’est pas nouveau. Malgré l’annonce de nouveaux contrats pour les 4500 nouveaux recrutés ( CDD de 3 ans renouvelable une fois, pouvant déboucher sur un CDI), la plupart des 86.000 accompagnants dénoncent leur faible rémunération, les contrats à temps partiels, le manque de postes pour accueillir ces nouveaux enfants mais aussi et l’absence de considération de l’Éducation nationale pour leur métier, pourtant essentiel pour remplir les objectifs voulus par le gouvernement.

Enfin la mise en place des Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) les inquiète également. Progressivement déployés jusqu’à leur généralisation en 2022, ils regroupent tous les moyens mis à disposition des élèves en situation de handicap afin de mieux prendre en compte leurs besoins. Les syndicats craignent que les demandes d'accompagnement ne soient gérées loin du terrain et des besoins réels des enfants.
 
 

Une crainte partagée par les parents

Car si ces dernières années la prise en charge de ces enfants s’est grandement améliorée, pour beaucoup de parents la galère dure depuis plusieurs années et chaque rentrée apporte son lot d’angoisse et d’inquiétude. Et de nombreux enfants en situation de handicap seront, une fois de plus cette année, privés d’école, ou y auront accès que quelques heures dans la semaine, faute d’accompagnant.

En Alsace le jour de la rentrée, ne voyant pas l’AVS qui devait s’occuper de son fils de 9 ans qui faisait sa première rentrée à l’école "normale", un père de famille a saisi la justice pour contraindre le rectorat à appliquer la décision de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de lui octroyer une auxiliaire de vie scolaire pour l’accompagner quotidiennement. Mais finalement le tribunal administratif de Strasbourg n’aura pas eu à statuer puisqu’avant l’audience prévue ce vendredi, le rectorat a annoncé le recrutement d’un accompagnant auprès du jeune garçon.  
 



 

Sur le même sujet

"On va surajouter de l'activité dans des services saturés", CGT Santé