Le procès d'un employé de banque d'une trentaine d'années, accusé d'avoir drogué puis violé une collègue lors d'un séminaire de travail en juin 2010 dans la Sarthe, s'est ouvert lundi matin devant la Cour d'assises de la Vienne, à Poitiers.
Le procès d'un employé de banque d'une trentaine d'années, accusé d'avoir drogué puis violé une collègue lors d'un séminaire de travail en juin 2010 dans la Sarthe, s'est ouvert ce lundi matin devant la Cour d'assises de la Vienne, à Poitiers.
L'audience, publique, a débuté à 9 H après que la victime, une quadragénaire vêtue d'un trench beige et d'un pantalon blanc, ait renoncé à demander une audience à huis-clos, un temps envisagée.
L'accusé, pull "col en V" et chemise bleue, est le fils d'un ancien avocat et d'un ex-adjoint au maire de Poitiers.
Il conteste le viol, nie avoir drogué sa collègue et invoque une relation consentie.
Jugé libre sous contrôle judiciaire, il encourt 20 ans de réclusion criminelle.
Les faits présumés se sont produits dans la nuit du 17 au 18 juin 2010, à Yvré-l'Évêque, près du Mans, lors d'un séminaire de salariés du Crédit Agricole de Poitiers.
Ce soir-là, les participants s'étaient retrouvés pour un repas en commun. Dans la soirée, la victime, qui avait un peu bu avec ses collègues, s'était sentie soudainement très fatiguée.
Elle avait quitté la table, visiblement incapable de tenir sur ses jambes, selon plusieurs témoins. L'un de ses collègues, qui s'était montré entreprenant envers elle à plusieurs reprises dans la journée, l'avait alors raccompagnée dans sa chambre d'hôtel.
La victime dit l'avoir repoussé physiquement et verbalement à plusieurs reprises mais ne se souvient ensuite plus de rien jusqu'au réveil.
Plusieurs détails lui font alors suspecter une relation sexuelle non consentie, soupçons confirmés par des analyses médicales: des traces de sperme de l'accusé sont retrouvées sur la quadragénaire qui portera plainte.
Les analyses de sang mettront en évidence chez la victime la présence d'un sédatif qu'elle dit n'avoir jamais ingéré durant le séminaire. L'expertise conclura à une concentration compatible avec une prise unique, contemporaine des faits, et aux effets accentués par l'alcool.
L'accusé avait également envoyé à des amis un cliché de sa collègue, visiblement endormie et nue sur son lit.
Les deux salariés ont continué à travailler et à se croiser sur le même site tout au long de l'instruction, au grand dam de la victime.
"Nous avons deux jours pour convaincre de son innocence", a déclaré l'avocat de la défense, le bâtonnier Jean-Charles Menegaire. "Ce qu'elle veut, c'est simplement qu'on la croit", a expliqué de son côté Me Emilie Hay, avocate de la victime.