Affaire Elisa Pilarski : "Curtis est innocent", le compagnon de la victime remet en cause l'expertise

La semaine dernière, le résultat des tests ADN et un rapport d'expertise ont incriminé le chien Curtis dans la mort de la jeune femme de 29 ans originaire du Béarn. Ce mardi 10 novembre, lors d'une conférence de presse, Christophe Ellul a pris la défense de son chien.
Christophe Ellul, compagnon d'Elisa Pilarski et propriétaire du chien Curtis lors d'une conférence de presse à Bordeaux le 10 novembre 2020.
Christophe Ellul, compagnon d'Elisa Pilarski et propriétaire du chien Curtis lors d'une conférence de presse à Bordeaux le 10 novembre 2020. © Elise Galand
Lors d'une conférence de presse organisée à Bordeaux par son avocat, Christophe Ellul a affirmé que "Curtis est innocent". "Je connais Curtis par coeur, il n'a jamais mordu personne. il aimait Elisa qui l'aimait aussi."

►"Curtis est innocent"


"Elisa me manque beaucoup", a déclaré en préambule Christophe Ellul avant de prendre la défense de son chien, "ce que vous pouvez entendre sur les médias, c'est une bêtise. Curtis est rentré en France en règle avec un passeport européen, avec tous ses vaccins même la rage. Il est arrivé chiot à trois mois. Et en ce qui concerne le mordant, Curtis n'a jamais été dressé à mordre. Il n'a jamais eu d'agressivité envers Elisa, ni moi, ni envers les enfants. Christophe Ellul a plaidé l'innocence de son chien incriminé par les résultats des tests ADN et surtout le récent rapport d'experts vétérinaires.

Je ne sais pas ce que l'on veut cacher, mais Curtis est innocent. Je me battrai jusqu'au bout pour Élisa et Enzo*.

Christophe Ellul, compagnon de la victime et propriétaire du chien.

*Enzo est le prénom de l'enfant que portait Elisa au moment des faits. Elle était enceinte de 6 mois.

Les expertises ADN rendues le 3 novembre ont établi que la victime a bien été tuée par Curtis, a annoncé le procureur chargé par intérim du dossier. "A ce stade de l'instruction, les expertises se rejoignent et tendent à démontrer l'implication exclusive du chien Curtis dans les morsures ayant entraîné la mort" de la jeune femme, "sans qu'aucun élément ne permette de mettre en cause les chiens appartenant à la société de vènerie" qui se trouvaient également dans la forêt le jour de sa mort", a affirmé dans un communiqué Eric Boussuge. Curtis a également été incriminé par le rapport de deux experts vétérinaires, portant sur son "origine et comportement" et "sur une analyse des morsures" relevées sur le corps, ajoute le Parquet. 
 
La juge d'instruction et plusieurs témoins étaient sur les lieux du drame ce mercredi 12 février. Les prélèvements ADN et salivaires des chiens impliqués dans l'affairen'ont toujours pas été envoyés au laboratoire, le coût étant jugé trop élevé par la justice, selon une information de franceinfo.
La juge d'instruction et plusieurs témoins étaient sur les lieux du drame ce mercredi 12 février. Les prélèvements ADN et salivaires des chiens impliqués dans l'affairen'ont toujours pas été envoyés au laboratoire, le coût étant jugé trop élevé par la justice, selon une information de franceinfo. © Remi WAFFLART MAXPPP

Lors de la conférence de presse ce mardi, Christophe Ellul s'est étonné par ailleurs de la disparition de cinq chiens de chasse, ceux qu'il a croisés le jour du drame. Selon lui, la meute des chiens de chasse présente le jour de la mort d'Elisa Pilarski, "n'est pas en règle". "C'est dans le dossier. Il manque cinq chiens qui ont disparu, et selon monsieur Sébastien Van den Berghe, le maître d’équipage du « Rallye La Passion » qui organisait une chasse à courre en forêt de Retz ce jour-là, les cinq chiens sont morts et ont été enterrés dans la forêt, mais il n'y a pas de certificat de décès", insiste le compagnon de la victime.

Après le drame, Curtis a mordu  Christophe Ellul, sa soeur et une bénévole du refuge animal. "Des morsures accidentelles" assure encore le propriétaire qui a promis de "tout démonter" dans cette enquête pour rétablir la vérité. "Je n'ai pas peur d'être mis en examen. Je n'ai rien à perdre car j'ai déjà tout perdu".
   
Christophe Ellul et son avocat Alexandre Novion lors de la conférence de presse à Bordeaux mardi 10 novembre 2020.
Christophe Ellul et son avocat Alexandre Novion lors de la conférence de presse à Bordeaux mardi 10 novembre 2020. © Elise Galand


"Toutes ces épreuves ont affabli mon client"

Alexandre Novion, l'avocat de Christophe Ellul, a déclaré que cette conférence de presse était "une nécessité pour la vérité défendue par son client qui est très affaibli par toutes ces épreuves". L'avocat bordelais a regretté que le rapport d'expertise ait "fuité dans la presse" et qu'il ait été "largement diffusé dans les médias et qu'il est fait l'objet de commentaires très orientés et accablants" sur la culpabilité du chien et la responsabilité de son client.

On ne pouvait pas imaginer que des experts puissent conclure avec des conclusions catégoriques. Ces experts ne peuvent pas rendre de verdict préliminaire !

Alexandre Novion, avocat de Christophe Ellul, le compagnon de la victime

"J'ai découvert des commentaires sur la responsabilité de mon client, que rien ne serait arrivé si Curtis avait été élevé autrement. Il est même accusé de maltraitance animale. Mon client a à coeur de démontrer que l'on a déformé sa vie et sa relation avec les animaux. Il n'est pas ce personnage présenté dans les médias. Depuis des mois, il soutient Natahlie la mère de la victime, et il allait avoir un enfant avec Elisa", a renchéri maître Novion.

 
Elisa Pilarski était passionnée par les chiens et les chevaux.
Elisa Pilarski était passionnée par les chiens et les chevaux. © Capture Facebook
 

► Un rapport d'expertise accablant pour le pitbull américain Curtis

Alexandre Novion n'a pas fait de commentaire sur le fond, laissant son client remettre en cause certains aspects de l'affaire. Reste que les tests ADN et le rapport de deux experts vétérinaires sont accablants pour le chien Curtis. En effet, Curtis est le seul auteur des morsures selon les experts dont le rapport a été publié notamment par Oise Hebdo. Les experts ont  mesuré la mâchoire de Curtis et celles des chiens de chasse à courre pour établir leurs conclusions.

De son côté, la société de Vénerie s'est empressée de diffuser un communiqué en date du 31 octobre : "Le chien Curtis est l’unique auteur des morsures ayant causé le décès. La chasse à courre a été accusée à tort par de nombreux militants animalistes, associations anti-chasse et personnalités médiatiques ; le président de la Société de Vénerie appelle à tirer les leçons de ce déferlement de haine et de mensonges".

►Rappel des faits survenus le 16 novembre 2019


Le 16 novembre 2019, le corps d’Elisa Pilarski, jeune femme enceinte de 29 ans, originaire du Béarn, avait été retrouvé très abîmé par de nombreuses morsures dans la forêt de Saint-Pierre-Aigle, petite commune de l’Aisne. Ce jour-là, elle était partie promener Curtis, le chien de son compagnon. En parallèle, une partie de chasse à courre avait lieu dans ce même bois. D’après l’autopsie, le décès de la jeune femme avait pour origine «une hémorragie consécutive à plusieurs morsures» d’un ou plusieurs chiens. Deux thèses se sont rapidement opposées : d’un côté, la piste du chien dévorant sa maîtresse, de l’autre, l’hypothèse d’un «accident de chasse».

► VIDEO : voir le reportage d'Elise Galand et de Sébastien Delalot sur la conférence de presse de Christophe Ellul et de son avocat Alexandre Novion :

 
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