Pilule : l'avocat bordelais des victimes des pilules contraceptives demande la suspension de la vente

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Écrit par A.H avec AFP

Philippe Courtois, spécialisé dans la défense de femmes victimes des pilules de 3ème et 4ème génération a affirmé que l'évaluation de l'Agence du médicament, sur le nombre d'accidents et de décès entraînés annuellement par la pilule était "sous-évaluée" et a demandé la suspension de la vente.

Les pilules contraceptives, toutes générations confondues, entraînent chaque année plus de 2 500 accidents vasculaires,  20 décès dont 14 pour les seuls contraceptifs de 3e et 4e génération, selon un rapport diffusé mardi 26 mars par l'Agence du médicament (ANSM).

Selon Philippe Courtois, l'avocat bordelais  qui défend Marion Larat, la première femme à avoir porté plainte suite à un AVC déclenché par une pilule de 3ème génération."Ces chiffres sont fondés sur les déclarations volontaires des médecins et centres hospitaliers qui sont en dessous de la réalité".  Le rapport est une estimation statistique, elle-même réalisée à partir de données issues de déclarations et d'éléments de littérature scientifique.
Pour tous les produits de santé, on doit faire une "déclaration d'incident", mais concernant la pilule ou d'autres traitements, cette obligation n'a pas toujours été respectée par les médecins, a argumenté l'avocat : "Il y a un manque de transparence et de fiabilité totale". "Il faut prendre la décision de suspendre la vente des pilules de 3ème et 4ème génération, dans l'attente de la position européenne".

Depuis la première plainte déposée en décembre 2012, le cabinet de Me Courtois a déjà été contacté par un millier de femmes se disant victimes et traite une trentaine de décès qui pourraient être liés à des pilules de 3ème et 4ème génération, a-t-il précisé.

Ces témoignages ont abouti pour l'instant au dépôt de 75 plaintes concernant des pilules de 3ème et 4ème génération et dans deux cas le traitement anti-acné Diane 35. Dans deux dossiers, il s'agit de plaintes pour "homicide involontaire", suite au décès des patientes.