INTERVIEW. Stade Rochelais. Grégory Alldritt, le retour attendu d’un capitaine régénéré

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Les supporters rochelais réclamaient son retour anticipé, ils ont été entendus. Le Capitaine Grégory Alldritt excelle à nouveau sur les terrains. Sa parole est rare dans les médias. . Il s’est confié à Rugby Magazine en toute humilité.

Le rugby français était en manque. Le Capitaine Grégory Alldritt est de retour. Enfin pourront dire les supporters. L’homme est timide, contrairement à ses prestations rugbystiques. L’un des meilleurs troisième ligne du monde reste très disponible et accessible.

Rugby Magazine : Comment vous sentez-vous après cette pause de deux mois et demi ?

Grégory Alldritt : Je me sens régénéré, reposé dans mon corps et bien dans ma tête, mais j’avais hâte.

Rugby Magazine : Vous vous sentiez fatigué physiquement et moralement après cette Coupe du Monde perdue ?

Grégory Alldritt : Cette pause, c’était une décision que nous avions prise avec le club quelle que soit l’issue de la Coupe du Monde. J’en avais besoin, il s’agit de savoir si on veut arrêter sa carrière à 30 ans ou essayer de durer beaucoup plus longtemps, jusqu’à 35 ans peut-être. Je pense que c’est un bon choix, regardez Julien Marchand à Toulouse, il a dû se faire curer le genou. Au final, il a été absent pour son club aussi longtemps que moi, il vaut prévenir que guérir.

Rugby Magazine : Est-ce que l’on peut parler de vacances pour cette pause ?

Grégory Alldritt : Non pas vraiment (Sourire....). J’ai fait pas mal de soins avec les kinés du club ici à La Rochelle. J’avais des douleurs récurrentes à l’épaule, au genou et aux ischios. J’ai aussi suivi une préparation physique avec Philippe Gardent. Après, oui. J’ai aussi pris un peu de temps pour moi.

Rugby Magazine : Derrière le rugbyman performant se cache aussi un jeune homme de bientôt 26 ans, vous en avez profité pour passer du temps en famille ?

Grégory Alldritt : Oui, j’ai d’ailleurs posté une photo du mariage de mon frère en Ecosse sur mon compte Instagram. C’était très important pour moi de pouvoir partager ce moment en famille et pas d’arriver le matin et repartir le soir parce que je devais jouer un match. Là, j’ai pris le temps. Je suis aussi descendu chez moi dans le Gers et à Toulouse avec les amis.

Rugby Magazine : Vous avez regardé les matchs de La Rochelle à la télé ?

Grégory Alldritt : Oui avec beaucoup de frustration (sourire). C’était difficile quand les potes étaient en difficulté de ne pas aller les rejoindre le lundi suivant. Mais c’était mieux pour l’avenir. Je suis aussi allé au stade de temps en temps. J’ai vu des coéquipiers qui sont aussi des amis, on mangeait ensemble mais on évitait de débriefer les matchs, je me voyais mal être absent et donner des conseils.

Rugby Magazine : Le Stade Rochelais a traversé des moments difficiles sans vous, est-ce que vous avez senti une pression particulière ?

Grégory Alldritt : De la part du club, jamais. Ils m’ont soutenu de A à Z, que ce soit le président Merling ou le coach Ronan O’Gara

Rugby Magazine : Dimanche, face à Leicester, il y a déjà urgence. La victoire est obligatoire ?

Grégory Alldritt : Si on ne gagne pas ce week-end, c’est foutu. On peut dire que c’est déjà un match de phases finales et on sait qu’on pourra compter sur un public et un soutien digne des phases finales. Après, il y aura un huitième à l’extérieur et puis ensuite tout est possible. Notre objectif c’est toujours le doublé.

Rugby Magazine : Vous avez aussi des objectifs de titres avec l’équipe de France.

Grégory Alldritt : Oui, on vise clairement la victoire dans le tournoi, c’est une année favorable avec trois matchs à la maison. Ce que l’on a vécu pendant la Coupe du monde était quelque chose de dingue. On a reçu tellement d’amour du public français, qu’on leur doit une victoire. Ce sont des moments de partage inoubliables et l’aventure continue d’après le nombre de places déjà vendues pour le tournoi des VI Nations.

Rugby Magazine : Avec un Gregory Alldritt, meilleur troisième ligne du monde ?

Grégory Alldritt : Houlà là non (quand on vous dit qu’il reste très humble !). Je suis encore loin de mon meilleur niveau. Techniquement, j’ai encore une grosse marge de progression. Il faut toujours avoir la volonté de se perfectionner. Si on pense que l’on est au top, ça veut dire que l’on va bientôt redescendre et moi je suis là pour durer.