Polémique autour d'Happytal, la société privée qui propose des services payant au sein de l'hôpital de la Rochelle

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Happytal, le leader de la conciergerie d'hôpital propose depuis trois mois ses services payant au sein de l'hôpital de La Rochelle. La start up suscite des réactions. 
 

Par Valérie Prétot

Depuis jeudi 3 octobre, l’hôpital de La Rochelle héberge une nouvelle entreprise privée : Happytal.
Le leader de la conciergerie d'hôpital propose une multitude de services payant destinés aux patients comme des paniers de légumes, la livraison de journaux, des séances de massage mais aussi de la réservation de chambres individuelles.
La société privée de 400 salariés a signé des contrats avec une centaine d’hôpitaux en France, qui lui versent un abonnement en échange de ses services. 

Un business contesté par le député Olivier Falorni

Ce mardi, Olivier Falorni a interpellé Agnès Buzyn, la ministre de la Santé à propos d’Happytal lors de la séance des questions de l'assemblée nationale.

Depuis trois mois, l’hôpital de La Rochelle a fait entrer le loup dans la bergerie. Ce n’est hélas pas le seul hôpital à ce jour. Ce loup, c’est celui de la marchandisation au sein de l’hôpital public. Un accord a en effet été signé entre le directeur et une société de services privée qui s’appelle Happytal. Mais derrière la vente de prestations de bien-être, de produits alimentaires, se cache un business beaucoup plus lucratif et pour le moins contestable sur le plan éthique, 
-Olivier Falorni, député de Charente-Maritime.

L'intervention d'Olivier Falorni à l'Assemblée nationale.
Olivier Falorni

Un problème déontologique selon le syndicat Sud santé 

De son côté, le syndicat sud santé de Charente-Maritime dénonce la vente de prestations ou la facturation commerciale des chambres individuelles et un accès aux données administratives des patients hospitalisés mais aussi des patients programmés 

Happytal a la liste de tous les patients qui rentrent et de ceux qui vont rentrer. Le directeur de l'hôpital de La Rochelle ment quand il dit que c'est inofensif pour les patients et que c'est sécurisé en terme d'éthique et de respect pour la personne, c'est faux, nous on le dit, Happytal, c'est trois millions de chiffre d'affaire pour l'hôpital piqués dans la poche des patients, c'est du racket. C'est fait par des gens qui vont débarquer dans les chambres des patients pour pouvoir faire du chiffre, parce que s'ils ne font pas de chiffre, ils sont virés par la boîte qui les emploie,
-Christophe Geffré, secrétaire départemental du syndicat Sud santé sociaux.

Happytal affirme opérer en toute transparence 

Ces accusations avaient déjà évoquées dans un reportage de nos confrères de France 2 en octobre dernier. Ce mercredi Happytal a décidé de sortir de sa réserve et de réagir face à ces accusations. Les dirigeants assurent notamment "qu'une charte éthique interne interdit à leurs salariés tout démarchage commercial abusif, qu'ils n'ont accès aux chambres qu'avec l'accord d'un chef de service et qu'ils opèrent dans un cadre légal très strict". 

En aucun cas notre entreprise ne participent à la privatisation du service public. Qu’un député découvre aujourd’hui que l’hôpital public collabore avec des acteurs privés peut sembler surprenant.
Happytal opère dans un cadre légal et éthique extrêmement stricte, régi par des marchés publics, en particulier sur la confidentialité des données médicales. Par ailleurs, nos salariés sont choisis et évalués sur la satisfaction des patients et le respect stricte de notre charte de déontologie. Les critiques sur ces deux points sont donc fausses, voire diffamatoires,
-Pierre Lassarat, directeur général d'Happytal

De son côté, l'hôpital de La Rochelle estime les retombées à 3 millions d'euros sur un budget de 300 millions.


 

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