PORTRAIT. Cette Rochelaise vient de parcourir 3.520 km à vélo pour un Tour de France en solo

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Écrit par Olfa Ayed
Léopoldine Têtenoire durant son tour de France en solo.
Léopoldine Têtenoire durant son tour de France en solo. © Léopoldine Têtenoire

Partie de la Rochelle le 25 mai 2021, Léopoldine Têtenoire est rentrée le 14 août après avoir parcouru plus de 3.000 km à vélo à travers la France en solo. Pour le challenge et la découverte, additionné à une démarche écoresponsable : c’est son projet qu’elle a baptisé "Vélopoldine".

A 26 ans, des années d’études supérieures à son actif et deux ans de travail dans un espace de coworking, retrouver Léopoldine Têtenoire à vélo pour traverser des milliers de kilomètres, seule, pourrait étonner. Mais dès les premières minutes de discussion avec la jeune femme, son profil se dessine : hyperactive et en soif de découverte permanente. "Je suis curieuse et "touche-à-tout". J’adore apprendre, d’où mes longues années d’études", explique-t-elle la voix plein d’enthousiasme, ravie de partager son expérience.

Cette Rochelaise est rentrée le 14 août 2021 d’un périple long de 83 jours. Elle a parcouru 3 520 km en vélo à travers la France avec une moyenne de 60 km par jour. Partie de la Rochelle, elle a découvert 10 régions et 29 départements.

Un "faux-départ" utile

Un projet baptisé "Vélopoldine" dont l’objectif est de se dépasser, de rencontrer des personnes qui œuvrent pour la transition écologique dans des éco villages, des woofings (être nourri et logé pour travailler dans un lieu écoresponsable) et des éco voyageurs, comme elle. "J’adore voyager mais différemment. Je ne suis pas fan de la voiture avec les kilomètres de bouchons", souligne-t-elle.

Son aventure, elle la prépare depuis plus d’un an après s’être retrouvée confinée seule dans son logement étudiant de la Rochelle. "J’ai voulu me challenger. Et dans mon ancien travail, facilitatrice dans un espace de coworking, je rencontrais des gens avec pleins de projets différents et ça m’a donné envie de lancer le mien", raconte-t-elle.

Les choses se sont bien enchaînées : l’été 2020, son envie de voyager est grande et avec l’épidémie de Covid les voyages à l’étranger sont compliqués. Elle pense alors partir à la découverte de la France : "Je suis tombée sur une carte de voie cyclable. Plus d’une trentaine s’entrecoupe en France. Si on suit ces pistes on peut en faire le tour !" Un challenge très sportif qui n’a pas effrayé Léopoldine. "Je suis très sportive. Je faisais beaucoup de Badminton et, en 2019, je me suis blessée au tendon d’Achille. J’ai dû complètement arrêter le sport, j’ai été en fauteuil roulant. Ma rééducation s’est faite à vélo et j’y ai pris goût."

Après avoir quitté son travail en août 2020, la jeune femme commence une première fois son tour de France : "Je suis partie avec mon copain de l’époque, avec cette idée que ça serait mon tour complet. Mais le fait de partir avec une personne qui n’avait pas cette envie ça m’a freiné." Mais pas de quoi entacher l’optimisme de la jeune femme : "Je me suis dit : "Ok, ce n’est pas pour cette fois mais j’ai accumulé de l’expérience." Je sais comment ça se passe. J’ai pu me rendre compte de ce que ça faisait quand il y avait du monde, quand il pleut, les dénivelés, à quoi on pense, qu’est-ce qui est primordial : il me faut toujours à manger par exemple."

Une formation en réparation de vélos et un mois de stage au sein de "Service cycle"plus tard, voilà Léopoldine prête pour son Tour de France en solo, avec un vélo monté par ses soins "avec les pièces commandées par Service cycle, et leur soutien", précise-t-elle. En un mois, son vélo était prêt à l’accompagner et à porter la vingtaine de kilos de tente, de matelas, de vêtements et de nourriture.

Quel budget ?

Cette aventure a évidemment un coût, en équipement d’abord : 600 euros pour la jeune femme. Quatre-cents euros pour son vélo. Sans compter le logement, parfois en camping ou en gîtes, et ses quelques repas au restaurant : "Le budget nourriture je l’ai sous-estimé et en fait quand on pédale pendant des heures on a besoin de manger beaucoup : je pouvais manger deux pizzas d'un coup ! Et j’ai pu consommer local."

"J’avais mis de côté en travaillant pour pouvoir partir et j’ai eu deux subventions de 1.000 euros chacune. Grâce au "Projet Jeune 2021" j’ai eu 1.000 euros et j’aurai la bourse de l’aventure "René Caillié" en novembre. J’ai eu mon premier sponsor de Corolo (La Compagnie Rochelaise du Logiciel) et Service cycle qui m’a donné une aide plutôt matérielle. Et ma famille qui m’a fait une petite enveloppe surprise", détaille Léopoldine.

"Il faut oser !"

De cette expérience, Léopoldine ne retient que du positif. Bien que son départ, seule, avait inquiété sa famille et étonné certaines personnes croisées sur la route.

Beaucoup de gens m’ont dit "Mais vous voyagez seule ? Vous êtes une fille !" Et c’est là où j’ai réalisé que certaines devaient se freiner. Alors bien sûr ça fait peur, mais le côté aventure est chouette! Mais c’est vrai que les filles que j’ai croisé qui voyageaient seules étaient étrangères. Je ne sais pas si c’est typiquement français mais, en France, des femmes seules qui voyagent, il n’y en n’a pas beaucoup. Il faut oser !

Léopoldine Têtenoire

"Ça ne m’a pas fait peur d’être une femme pour le voyage, ma famille était flippée quand je leur ai dit. Mais j’ai conscience du danger. Je suis aussi très optimiste de nature. Bien sûr j’étais méfiante mais finalement je n’ai eu que de belles rencontres", poursuit-elle.

Après 83 jours sur les routes, Léopoldine est arrivée le 14 août à la Rochelle. Mais pas le temps pour elle de se reposer. Elle prépare déjà sa bande dessinée pour conter son aventure en images. En parallèle, elle espère lancer son atelier de réparation de vélos.

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