Assises de la Charente-Maritime : 30 ans de réclusion pour Pascal Bidault

Le verdict est tombé aux assises de la Charente-Maritime. Les jurés ont jugé Pascal Bidault accusé de tentative de meurtre. L'homme avait déjà tué deux autres femmes en 1984 et 1991 avant de s'en prendre à une troisième.

Le palais de justice de Saintes
Le palais de justice de Saintes © Cédric Cottaz/ France Télévisions

Le verdict est donc tombé ce vendredi soir vers 21h30. Pascal Bidault est puni de 30 ans de réclusion criminelle, dont deux-tiers de prériode de sureté.

Ce vendredi matin, ce sont les témoins de la défense qui sont venus à la barre devant les assises de la Charente-Maritime à Saintes. La famille de l'accusé est venue parler de Pascal Bidault et tenter de faire de lui un autre portrait.

L'homme qui est dans le box des accusés a déjà tué par deux fois. Deux féminicides commis en 1984 et 1991 et qui lui ont valu une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. Mais le comportement de Pascal Bidault en prison lui avait permis aussi d'obtenir des permissions de sortie. 

Ce qui lui vaut d'être à nouveau dans le box, c'est une tentative de meurtre sur une troisième femme en 2018 près de La Rochelle. Comme pour les deux meurtres précédents, la victime avait signifié à Pascal Bidault son souhait de mettre fin à leur relation, cela avait déclenché sa violence.

La famille de l'accusé vient lui apporter son soutien

Le fils de l'accusé est venu témoigner à la barre. Le jeune homme d'une vingtaine d'années tente d'expliquer que la victime avait une emprise sur son père.

C'est elle qui décidait de tout. Mon père en avait assez qu'elle aille voir ailleurs. Oui mon père est fragile et soumis, mais c'est la personne la plus saine que je connaisse.

Fils de l'accusé

La soeur de Pascal Bidault décrit de son côté un homme plein de qualités.

Ce qui lui fait perdre pied, c'est le sentiment d'abandon, voilà. Mais je trouve que c'est du gâchis parce qu'il a tellement de qualités. C'est compliqué. 

Sœur de l'accusé.

Cette crainte de l'abandon est aussi mise en avant par les experts psychiatres qui décrivent un homme anxieux, sans addiction particulière et qui dispose de réelles capacités intellectuelles.

L'avocat général a requis 20 ans de réclusion criminelle

En début d'après-midi de ce dernier jour de procès, c'est l'avocat général qui a pris la parole pour ses réquisitions, il s'est adressé aux jurés : "Mesdames messieurs, vous êtes bien ici pour juger une tentative de meurtre par étranglement. Il y a bien eu un commencement d'exécution."

Il a expliqué qu'une tentative de meurtre n'est pas un demi-crime, mais bien un crime à part entière. Oui l''accusé souffre d'angoisse et de peur de l'abandon "mais ce qui le fait agir n'est pas un trouble mental".

Au terme de son intervention, l'avocat général a requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté des deux-tiers.

La défense souhaite une condamnation pour violences aggravées

Dans leurs plaidoiries les avocats de la défense ont voulu faire un autre portrait de l'accusé, un homme "cassé, en manque d'affection". Ils ont pris les jurés à témoins "comment expliquez-vous qu'après avoir passé trente ans derrière les barreaux, toute sa famille soit réunie aujourd'hui dans cette salle d'audience?" 

Ils ont demandé une condamnation pour violences aggravées, mais un acquittement pour la tentative de meurtre.

Après un longue délibération, le jury a donc décidé de condamner Pascal Bidault à 30 ans de réclusion criminelle, dont deux-tiers de période de sureté. L'accusé à dix jours pour faire appel.

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