Une vingtaine de restaurants fermés pour cause de covid : "j'ai préféré tout arrêter au risque de couler mon affaire"

La recrudescence du Covid en Charente-Maritime contraint de nombreux établissements a fermer leurs portes. Une vingtaine de bars restaurants ont baissé le rideau en raison de cas de covid ou de suspision au sein du personnel.
La Maison Blanche a fermé ses portes le 17 juillet, les 25 salariés sont tous testés.
La Maison Blanche a fermé ses portes le 17 juillet, les 25 salariés sont tous testés. © La Maison Blanche

Alors que l'épidémie repart brutalement à la hausse en Charente-Maritime avec un taux d'incidence de 145 pour 100.000 habitants enregistré le 19 juillet, une vingtaine de bars et restaurants ont été contraints de baisser leur rideau.

À La Rochelle, le bar l'Endroit, situé près de la plage de la Concurrence, est fermé jusqu'à vendredi suite à la détection d'un cas de covid samedi au sein du personnel. Au centre ville, le restaurant Papy Mougeot et la Brasserie des Dames ont aussi pris la décision de ne plus accueillir de clients.

La Java des Baleines a fermé le 16 juillet 

Sur le littoral de Charente-Maritime, le scénario devient de plus en plus fréquent comme à Saint Clément des Baleines, où le gérant de La Java des Baleines a pris une décision lourde conséquence. Le 16 juillet alors qu'il apprend qu'un membre de son équipe technique est testé positif, il décide de stopper net l'accueil du public. La dizaine de membres du personnel est toujours dans l'attente des résultats de tests. 

"On s'est rendu compte que c'était en train de dégénérer sur l'île de Ré. On a préféré montrer le bon exemple, fermer tout de suite plutôt que d'attendre et que ce soit la catastrophe", avertit Jonathan Odet.

Le gérant de cette stucture culturelle ne cache pas son désarroi.

C'est un coup d'arrêt et c'est catastrophique, Jonathan Odet.

Cette structure unique sur l'île de Ré acceuille entre 100 et 600 personnes quotidiennement pour assister à des spectacles ou des concerts, l'entrée est gratuite mais le public peut consommer au bar et se restaurer grâce à la dizaine de food truck qui s'installe dans le champ qui entoure le châpiteau. Le manque à gagner est estimé à près de 30.000 euros. 

Nous aurons peut-être une aide sur la baisse du chiffre d'affaires mais ça ne couvrira pas la perte que ça engendre, on ne sait toujours pas si les arrêts de travail seront pris en compte, on attend que la CPAM nous rappelle. Notre projet était déjà fragile, cette année on y croyait vraiment, on avait tout mis en oeuvre pour ça puisse fonctionner avec cette semaine de fermeture en plein été, on sera déficitaire à la fin de la saison, ce qui nous inquiéte encore plus c'est l'entrée en vigueur du pass sanitaire. Dés vendredi si on rouvre, il nous faudra des gens pour contrôler, il faudra aussi clôturer le site. 

Jonathan Odet, gérant de la Java des Baleines.

 

Johan Barrer et ses musiciens sur la scène de La Java des Baleines le 9 juillet.
Johan Barrer et ses musiciens sur la scène de La Java des Baleines le 9 juillet. © La Java des Baleines

La Java des Baleines propose pendant six mois de l'année des ateliers, des jeux pour enfants et des spectacles sous châpiteau à Saint-Clément-des-Baleines.

"Faites attention les chouchoux, nous entendons parler de beaucoup de cas positif ces derniers jours sur l'île, restez prudents !" avertit La Java des Baleines sur sa page Facebook dans l'un posts qui a avertit le public de l'annulation de certains événements. 

Une catasptophe financière pour La Maison Blanche à Vaux-sur-Mer

Plus au sud toujours sur le littoral atlantique, le restaurant bar de nuit, La Maison Blanche à Vaux-sur-Mer, a aussi fermé boutique.

Samedi, j'ai eu au sein du personnel des jeunes qui avaient assisté à une fête d'anniversaire et qui avaient des symptômes de rhumes, j'ai fait faire des tests antigéniques à tout le monde, 3 sont revenus positifs, j'ai alors décidé de fermer le restaurant, par prévention.

Patrick Labuttie, gérant de La Maison blanche. 

Le gérant de La Maison blanche, une institution en pays royannais, est toujours dans l'attente des résultats des tests de ses 25 salariés. Ce mardi il envisage de mettre à l'isolement pendant dix jours l'ensemble de son personnel. 

C'est une catastophe financière mais je n'ai pas regardé cet aspect là, j'ai privilégié la prévention. Mon personnel a entre 18 et 25 ans, on ne peut pas gérer les fêtes qu'ils font le soir, j'ai préféré tout arrêter au risque de couler mon affaire. Je préfére repartir sur de bonnes bases. On a fermé pendant des mois et on a rouvert il y a moins d'un mois, c'est tellement complexe de trouver du personnel, de tenir des affaires, prévient ce gérant tout en déplorant que certains professionnels continuent de travailler avec des cas positifs au sein de leur personnel. Tout le monde a des malades. Ils les mettent à l'isolement et ils continuent de travailler, j'entends les témoignages, il y a beaucoup de cas positifs. J'ai choisi de fermer, j'ai sûrement fait une bétise financièrement. Il va falloir que je paye mes salariés, je pense que l'on va perdre 200.000 euros pendant ces 10 jours, c'est une période où on travaille comme des fous. Ce manque à gagner va s'ajouter à celui de la saison. Cela fait 26 ans que je tiens cette affaire, je n'ai pas voulu prendre de risque. 

Patrick Labuttie, gérant de La Maison blanche. 

Alexandre Lavigne, le chef du restaurant L’Arrosoir, à Saint-Palais-sur-Mer, a aussi pris une décision de fermeture temporaire suite à plusieurs suspicions de cas positifs au sein du personnel. 

A Royan, le BB snack a averti sa clientèle le 19 juillet, que le restaurant fermait « pour un minimum d’une semaine en raison d’une suspicion de cas de Covid au sein de l’équipe ».

Sur l'île d'Oléron, le bar de La Marine, situé sur le port de la Cotinière, est lui aussi fermé. Plusieurs cas de Covid ont été détectés parmi les employés. L'établissement pourrait rouvrir cette semaine. 

 

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