Législatives : l'investiture de Jérôme Lambert sous le feu des critiques dans la troisième circonscription de Charente

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Écrit par Élodie Gérard

Dans un communiqué commun, Europe Écologie les Verts et les Insoumis de Charente, réunis sous la bannière NUPES, dénoncent les prises de position du député sortant sur la PMA et le mariage pour tous. "Tempête dans un verre d'eau" rétorque Jérôme Lambert.

À cinq semaines semaines des élections législatives, la fronde contre Jérôme Lambert investi dans la 3e circonscription de la Charente, sous l'étiquette de la Nouvelle Union Populaire Écologiste et Sociale (NUPES), continue d'enfler.  

Dans un communiqué commun publié ce week-end, les antennes départementales de l'Union Populaire et d'Europe Écologie les Verts tirent à boulets rouges sur la candidature du député sortant, dénonçant ses prises de position qui ne correspondraient pas "aux valeurs de la Nouvelle Union amenée à gouverner". 

"Le fait le plus notable ayant été son vote contre la loi pour le mariage pour tous, et ses prises de positions en faveur de la Manif pour tous ; son vote contre l'élargissement de la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules" listent les auteurs du texte qui font également référence à "son abstention sur la loi pour la transparence de la vie politique".

Ils  mettent les  instances nationales de leurs partis respectifs au pied du mur pour qu'elles investissent "avant mardi 10 mai", une candidate sur la 3e circonscription de Charente "dans un souci de pluralité départementale"

Informé de cet ultimatum, le principal intéressé affiche une certaine sérénité. "Je serai candidat sous l'étiquette qui m'a été donnée dans le cadre des accords conclus par l'union de tous les partis de gauche" rétorque-t-il, rappelant qu'en tant qu'élu affilié au Mouvement des Citoyens (MDC), apparenté au PS, "il est bien le candidat désigné pour cette circonscription".  

Du réchauffé

Depuis l'annonce des noms des candidats investis par la NUPES il y a quelques jours, l'indignation se propage sur les réseaux sociaux.

"Pas d'homophobe dans la Nupes", "cette personne n'a rien à faire dans la Nupes", "homophobe anti mariage pour tous, rien ne va dans cette investiture" Les commentaires ne sont pas tendres avec celui qui brigue un huitième mandat.

Sandrine Rousseau, l'une des figures d'EELV, a même publiquement affiché son refus de le voir "s'asseoir sur les bancs de la Nupes", après la publication d'un article du magazine Têtu dressant un portrait peu flatteur du député. 

"Tout ça c'est du réchauffé, ça remonte à au moins sept ans" ironise l'élu charentais qui dénonce "une tempête dans un verre d'eau""Sandrine Rousseau est une habituée des esclandres, une petite polémiste".

Aux accusations, il répond sans ciller. "Je ne suis pas homophobe, sinon j'aurais été viré du parti socialiste depuis longtemps" souffle-t-il, rappelant avoir voté pour le PACS. "Ma position sur la double filiation d'enfant adopté par un couple de même sexe, se défendait. Je proposais comme en Belgique que l'un prenne la filiation et l'autre l'adoption".

Et d'ajouter : "je voulais défendre le respect des principes de filiation qui à mon sens ne peut naître que d'un élément masculin et d'un élément féminin. Que la loi torde le bras à ce principe naturel ne me semblait pas être une bonne chose."

Pas certain que ces arguments convainquent ses détracteurs. Une tribune intitulée  "L'homophobie n’est ni populaire, ni sociale, ni négociable" circule activement sur internet.

"Il paraît impensable qu’un candidat que nous estimons homophobe puisse être soutenu par la NUPES. Son statut de petit-neveu de François Mitterrand lui donne-t-il un collier d’immunité ?" interrogent les auteurs qui demandent eux aussi le retrait de l'investiture à Jérôme Lambert.