Mouthiers-sur-Boëme : la justice donne raison à la retraitée en conflit avec son voisin châtelain

En Charente, le conflit dure depuis deux ans. Il oppose une septuagénaire à son voisin châtelain qui lui bloque l'accès en voiture au chemin menant à sa maison Elle doit parcourir à pied une distance de 500 mètres pour rentrer ou sortir de chez elle.

Le chemin accédant à la propriété Anne-Marie Bouvet-Gauthier avait été bloqué par son voisin.
Le chemin accédant à la propriété Anne-Marie Bouvet-Gauthier avait été bloqué par son voisin. © Bruno Pillet/ France Télévisions
Ce jeudi 8 octobre 2020, la cour d'appel de Bordeaux a, une nouvelle fois, donné raison à Anne-Marie Bouvet Gauthier dans le litige qui l'oppose à son voisin, Peter Greuter. Celui-ci possède un château mais aussi une partie du chemin qui mène au domicile de la septuagénaire. 

Elle transporte ses courses avec une brouette

Depuis plusieurs années, elle ne peut rentrer qu'à pied chez elle car son voisin lui a bloqué l'accès routier sur ce fameux chemin de la discorde. En outre, personne, médecin ou artisan par exemple, ne peut se rendre jusque chez elle en voiture.
Anne-Marie Bouvet Gauthier affirme qu'elle bénéficie d'un droit de passage inscrit dans son contrat de propriété et qu'elle est donc dans son droit pour passer en voiture sur ce chemin. En attendant, elle transporte ses courses dans une brouette tout au long des 500 mètres du chemin. Au fil du temps, le conflit s'est même envenimé car son voisin, ne voulant rien savoir, a érigé une clôture autour de sa propriété ce qui oblige la retraitée à un long détour.

Sa maison est dite "enclavée". Sur ses actes de vente, un droit de passage est stipulé, une expertise a d'ailleurs confirmé qu'il s'agit bien du chemin en question. Pour l'avocate de la retraitée, ce droit n'est pas contestable. Peter Greuter, le propriétaire du terrain sur lequel se trouve une partie du chemin d'accès, affirme, quant à lui, le contraire.
  Déjà condamné par la justice, en juillet 2018, à retirer "tout obstacle empêchant la libre circulation sur une largeur de quatre mètres" sous peine d'une amende journalière, le châtelain a, à nouveau, été désavoué par la cour d'appel de Bordeaux. Il doit payer plus de 21.000 euros de liquidation d'astreinte à sa voisine et libérer le chemin sous peine d'une nouvelle amende journalière.
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