VIDÉO. "J’ai perdu mon ex-compagne au bout de 12 ans, je me suis retrouvé tout seul". Guillaume, blessé de guerre du 1er RIMa témoigne

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Des militaires blessés au combat du 1er rima d'Angoulême ont réalisé une marche de près de 150 kilomètres pour se reconstruire. Arrivés à Saint-Jean-Pied de Port, tous ont réussi leur pari. Dorian Bercheny et Christophe Guinot ont accompagné l'équipe sur une étape entre Saint Sever et Hagetmau dans les Landes. ©France télévisions

Quatre blessés de guerre du 1er RIMa d'Angoulême, accompagnés de leurs parrains, ont parcouru 150 km dans les Landes et le Pays Basques. Une aventure humaine marquante et l'occasion de se retrouver dans un contexte serein après un lourd traumatisme.

Durant une semaine, quatre blessés de guerre, leurs quatre parrains et les accompagnateurs ont parcouru 150 km sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. En sept étapes, tous ont rallié l'arrivée, à Saint-Jean-Pied-de-Port pour tenir leur objectif, celui de la reconstruction, avec l'objectif de se libérer d'un lourd fardeau.

Blessés au Mali

Parmi les quatre blessés, Guillaume, Thomas et Damien étaient sur une mission commune, au Mali. Le 10 mars 2019, ils sont touchés par des débris, après qu'un Kamikaze ait fait exploser son véhicule à quelques dizaines de mètres des militaires français. Des blessures physiques, mais aussi psychologiques. Avec des traces indélébiles : "Que ce soit psychologique, physique, il faut gérer tout ça, le regard des autres. Il faut gérer la famille qui ne comprend pas pourquoi on change. J’ai perdu mon ex-compagne au bout de 12 ans, je me suis retrouvé tout seul" confie notamment Guillaume, en longue maladie actuellement et qui se reconstruit chaque instant. Pour l'épauler au quotidien, sa chienne Saïka. Elle fait aussi partie de l'aventure et suit la bande dans un rôle de mascotte.

Pour Thomas aussi, le chemin est long. Alors qu'il rêve de devenir soldat depuis tout petit, lui aussi a été blessé gravement. Malgré cela, il ne regrette rien : "Non, la blessure ne change rien en vrai, ça fait partie du jeu, il faut assumer. Il y a de bonnes choses, des choses plus dures, mais ça fait partie du métier".

Un suivi global, des reconversions possibles

Également touché au Mali, Damien, grièvement blessé à l'épaule, ne peut plus exercer son métier au front, mais reste au 1er RIMa. Réorienté à la cellule d'appui recrutement du 1er RIMa, ce père de famille retrouve lors de cette marche les anciens camarades : "ça fait du bien de voir qu’ils vont bien finalement et qu’ils sont avec moi dans cette aventure. On partage un moment, ça faisait très longtemps que je ne les avais pas vus."

La reconnaissance des parrains

Pour accompagner les blessés, des parrains engagés. Pour le lieutenant Raphaël, parrain de Thomas, cette marche appelée en interne "Avec Nos Blessés" est aussi un moyen de ne jamais oublier les camarades blessés au combat : "Je pense que l’on oublie souvent de mettre ces gens-là à l’honneur. Ils sont beaucoup plus jeunes que moi en service. Je n’emploierai pas le mot de héros, mais pour moi, ce sont des gens bien, ce sont des gens à respecter. Nous devrions les mettre beaucoup plus en avant. Pour ma part, j’aime être proche d’eux. Ils feront toujours partie de l’histoire du régiment et de notre entourage émotionnel".

À la construction du projet de cette marche, l'Adjudant-chef Nadège, responsable du Bureau Environnement Humain (BEH) au 1er RIMa qui suit psychologiquement les blessés au quotidien : "Cette marche est importante. Il n’y a qu’à les regarder, le groupe est soudé et je suis vraiment très contente et ravie qu’ils puissent partager ça ensemble. C'est un vrai moment de fraternité, de cohésion et de résilience que l’on connaît dans notre beau métier."

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