Coronavirus Covid-19 : l'EHPAD de Mérignac demande aux familles de ne plus avoir de contact avec ses pensionnaires

Certains EHPAD ont décidé de prévenir les familles pour qu'elles ne soient plus en contact avec les résidents des établissements pour personnes âgées. / © Nicolas Parent MAXPPP
Certains EHPAD ont décidé de prévenir les familles pour qu'elles ne soient plus en contact avec les résidents des établissements pour personnes âgées. / © Nicolas Parent MAXPPP

Face à la multiplication de cas de coronavirus Covid-19, les EHPAD prennent leurs précautions pour éviter une éventuelle contagion sur des personnes fragiles. C'est le cas dans un établissement de Mérignac en Gironde qui demande de ne plus avoir de contact avec les résidents.

Par avec l'Agence France Presse

Depuis ce lundi matin, les familles sont contactées par l'établissement "les Parentèles" de Mérignac. Le site accueille 94 personnes âgées. La consigne donnée par les services de l'EHPAD vise à protéger les pensionnaires jugés vulnérables. Pour les familles, il n'y a plus aucun contact avec les résidents, ni avec le personnel. Et ce jusqu'à  nouvel ordre. Les familles des pensionnaires seront informées au fur et à mesure sur les détails pratiques, notamment le linge à récupérer via un sas. 

L'établissement applique la recommandation du ministère de la santé anoncée dimanche 1er mars. Du fait de la vulnérabilité des personnes âgées, les EHPAD renforcent chaque jour leurs mesures de précaution et leurs représentants seront reçus mardi 3 mars au ministère de la Santé à Paris pour discuter notamment du protocole en cas de contamination.

Faire barrage au virus

Dans certains établissement, depuis dimanche, les visiteurs doivent accepter une prise de température frontale et se voient refuser l'accès en cas de fièvre. 

Ils ont l'obligation de se frictionner les mains avec un gel hydro-alcoolique à l'entrée, de porter un masque chirurgical en cas de toux, de signer le registre des entrées et sorties.
Les horaires de visite sont restreints. On leur demande de ne pas embrasser leur proche, ni de lui serrer la main, ainsi que de ne pas l'emmener à l'extérieur de l'établissement. Et plus généralement de "vérifier par téléphone que les visites sont toujours autorisées".

Ces "mesures-barrière" se généralisent dans les 7.000 établissements accueillant des personnes âgées car "l'enjeu est de bloquer l'entrée du virus à l'Ehpad", résume Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat national des établissements et résidences privés pour Personnes Âgées (Synerpa).

La moyenne d'âge y est supérieure à 85 ans, les conséquences pourraient être dramatiques.
Florence Arnaiz-Maumé

 

Prioritaire pour les masques

Les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ont l'habitude de gérer des maladies infectieuses, confrontées chaque année à la grippe classique qui est pour l'instant "autrement plus impactante" avec ses milliers de décès, rappelle Pascal Champvert, président de l'AD-PA, association de directeurs de maisons de retraite et de structures d'aide à domicile.
"Il est faux de dire que nous ne sommes pas prêts. On sait mettre à l'isolement, gérer un risque infectieux, regarder les circuits d'aération, etc", confirme Florence Arnaiz-Maumé.

Les acteurs du médico-social (Ehpad, aide à domicile, etc.) seront réunis mardi matin à leur demande au ministère de la Santé. "Il faut qu'on ait un protocole clair à appliquer" en cas de suspicion. "On sait qu'on doit ne pas aller aux urgences et appeler le 15 mais dans quel délai on fait le test, dans quel cas on transfère la personne dans un lieu adapté, etc. ? Tout ce circuit là est essentiel", souligne-t-elle.

Nous voulons aussi être sûrs d'être bien prioritaires dans la distribution de masques avec les hôpitaux et la médecine de ville.
Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat national des établissements et résidences privés pour Personnes Âgées (Synerpa).

Elle compte aussi poser la question du matériel de protection (masque, thermomètre...) pour ceux qui font de l'aide à domicile.

Pour l'instant il n'y a pas lieu d'être alarmiste, le gouvernement et l'Etat font bien les choses.
Pascal Champvert

Mais en cas de crise majeure, "si on attend de nous que nous redoublions d'efforts, je vous réponds que nous ne redoublerons rien du tout parce que nous ne sommes pas en mesure de le faire du fait des sous-effectifs", prévient-il.

 

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