Attaque à l'arme blanche à Brive : une travailleuse sociale, victime d'une agression, transportée en urgence absolue à l'hôpital

Ce jeudi 8 juin 2023, une femme, travailleuse sociale, a été agressée à la CCI de Brive-la-Gaillarde, en Corrèze. Elle est gravement blessée, mais ses jours ne seraient plus en danger. Un homme est en garde à vue.

À 8 h 30, jeudi 8 juin 2023, une travailleuse sociale a été agressée avec une arme tranchante dans les locaux de la CCI de Brive-la-Gaillarde.

Selon un témoignage sur place, la jeune femme a été attaquée par le père d’un enfant qu’elle accompagne. L’homme l’aurait attendu ce jeudi matin, dans le hall de la CCI, à sa prise de service avec une arme tranchante qui "pourrait être une serpette ou une machette". Selon la Police, elle a reçu plusieurs coups, notamment à la tête et au cou. 

Selon notre équipe sur place, la victime travaille dans la maison départementale de la solidarité, hébergée à la CCI. Cette antenne est l'une des douze maisons départementales de la solidarité qui maillent le territoire. La victime s'occupe du suivi d'enfants placés dans le cadre de l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance).

Un homme interpellé

La victime, en urgence absolue, aurait moins de 30 ans. Elle a été transportée à l’hôpital de Brive. À la mi-journée, ses jours ne seraient plus ne danger. 

Toujours selon nos informations, l’auteur des faits présumé a été interpellé par un agent de la sécurité de la CCI, puis placé en garde à vue au commissariat de Brive.

Pascal Coste, ainsi que le directeur général des services et le directeur de l'action sociale, se sont rendus sur place ce jeudi matin. Le président du conseil départemental de la Corrèze est ensuite allé à l'hôpital pour rencontrer la victime et sa famille.

Les forces de l'ordre bloquent toujours l'accès à la Chambre de commerce et d'industrie. Le quartier, bouclé une partie de la matinée, est désormais accessible. 

Réaction d'un travailleur social

Nicolas Marlin a été jeune travailleur social également en Corrèze, à Tulle et il témoigne. Il connait la jeune femme et confie avoir été bouleversé, comme ses collègues, à l'annonce de cette nouvelle : "Tout le corps de l'action sociale est touché. Cela s'est passé à proximité de nos services. Ce matin, on se lève, on lit une nouvelle comme celle-ci et ça nous touche particulièrement. On est dans une situation de vulnérabilité dans un secteur déjà très fragile." 

Le professionnel, aussi secrétaire départemental du PCF Corrèze, a été surpris par cette attaque. Mais il explique que lui et ses collègues font régulièrement face à des situations tendues et violentes. 

On est confronté, de fait, à des situations compliquées où on annonce des choses difficiles à des parents. On touche à un public particulier, avec des représentations particulières aussi. On peut être confronté à de l'agressivité, à de la violence, à de la colère qui parfois est légitime. Mais en aucun cas, on peut imaginer qu'un jour, en allant au travail, on risque d'y passer. C'est ça qui nous fait froid dans le dos.

NIcolas Marlin, travailleur social

à France 3 Limousin

Nicolas Marlin explique que cet événement met les professionnels du secteur en situation de vulnérabilité et de revendications. Il dénonce une profession peu valorisée financièrement. Sans prime de risque. Il pointe un secteur fragile, avec des carences en moyens humains et matériels. 

On parle d'une collègue qui travaillait en placement. Mais, les conditions de placement sont de plus en plus compliquées. On manque de familles d'accueils, on manque de lieux d'accueils. Tout ça s'inscrit dans un contexte qui nous met en situation de tension. On est dans une forme de fatalité, de colère.

Nicolas Marlin, travailleur social, secrétaire départemental du PCF Corrèze

Nicolas Marlin poursuit : "On aimerait avoir les moyens de mener correctement nos missions, de protéger les enfants, d'accompagner les personnes qui sont en difficulté. Il nécessiterait peut-être que les pouvoirs publics s'emparent de cette question pour nous donner les moyens de faire notre travail dans des conditions optimales pour éviter de se retrouver débordé."

En début d'après-midi, Pascal Coste reçoit au conseil départemental, les syndicats de l'Aide Sociale à l'Enfance, dont la CGT et l'UNSA qui s'apprêtent à demander la fermeture de toutes les maisons de solidarités départementales jusqu'à lundi. Celle de Brive est d'ores et déjà fermée. 

Une cellule psychologique a été mise en place pour les professionnels de la maison de solidarité Brive Centre. En soutien à leur collègue, les salariés ont réduit leur activité ce matin. 

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