Jacques Chirac est mort, un homme de Corrèze s'éteint

le président Jacques Chirac prend un bain de foule au gymnase du centre de secours de Tulle, le 15 janvier 2005, lors de la cérémonie de présentation des voeux aux Corréziens. / © PATRICK KOVARIK / AFP
le président Jacques Chirac prend un bain de foule au gymnase du centre de secours de Tulle, le 15 janvier 2005, lors de la cérémonie de présentation des voeux aux Corréziens. / © PATRICK KOVARIK / AFP

Le 22e président de la République Jacques Chirac est décédé à l'aube de ses 87 ans. C'est ce qu'annonce sa famille ce 26 septembre 2019. C'est en Corrèze que l'homme avait puisé ses forces personnelles et politiques. 

Par Hélène Abalo

Jacques Chirac est décédé. Sa famille l'a annoncé ce 26 septembre 2019. Il allait avoir 87 ans. 

Les réactions



Les premières réactions n'ont pas tardé. Pascal Coste, le président du conseil départemental de Corrèze travaillait sur son exploitation quand il a appris la nouvelle :

Je perds un ami, les Corréziens perdent un ami. Il n'allait pas si mal ces derniers temps et même si on savait que ça arriverait, ça fait un choc. Il a tant fait pour notre département et pour la France.  
 

L'Assemblée nationale et le Sénat ont observé une minute de silence pour rendre hommage à l'ancien président de la République. A l'Assemblée nationale, les députés et membres du gouvernement présents se sont levés. 

 


Guillaume Guérin, président de "Les Républicains" de Haute-Vienne et premier adjoint à la mairie de Limoges, a également cotoyé Jacques Chirac, "un gaulliste social", rappelle-t-il "qui avait le Limousin au coeur" : 
 

J'en garde un souvenir d'un homme proche des gens, extrêment tactile et qui adorait le contact humain et qui je pense, même à la fin de son dernier mandat présidentiel, n'a jamais oublié cette pugnacité politique qui le caractérisait si bien (...) J'ai beaucoup d'affection pour Jacques Chirac. Mes pensées vont à sa famille et particulièrement à sa fille aujourd'hui
Chez nos confrères de Franceinfo, l'ami corrézien Denis Tillinac déclare, au sujet de l'attachement de Jacques Chirac à la Corrèze : 

Cela représentait 30 ans de bonheur parce qu'il s'y est enraciné politiquement. Il connaissait la moindre ferme, le moindre bistrot. Il avait cette capacité à nouer des rapports charnels avec les gens. Et il y a connu beaucoup de bonheur. 

Il parle aussi de l'image qu'il gardera de son ami

Je garderai cette image de cette sorte de cavalier de la steppe, à l'époque de la Corrèze, beau, jeune, avec un charisme formidable. Et puis il avait cette empathie qui faisait que si vous l'enfermiez cinq minutes avec quelqu'un, homme, femme, jeune, vieux, de droite ou de gauche, il vous séduisait.

 


L'homme de Corrèze


Jacques Chirac est né à Paris le 29 novembre 1932, mais c'est en Limousin qu'il puise ses racines familiales. La Corrèze, terre de ses parents et de ses grands-parents. 

En 1965, il devient conseiller municipal de Sainte-Féréole, son village… Georges Pompidou l'envoie ensuite en Corrèze arracher la circonscription d'Ussel à l'opposition lors des législatives de 1967.  

Jacques Chirac fait ses premiers pas au gouvernement entre 1967 et 1968 en tant que secrétaire d'État aux Affaires sociales,puis en tant que secrétaire d'État à l'Économie et aux Finances dans les gouvernements Pompidou, Couve de Murville et Chaban-Delmas. En 1968, il est conseiller général du canton de Meymac.

Il deviendra président du Conseil général en 1970 et occupera à plusieurs reprises la fonction de député de la 3e circonscription. Il entame alors un bail électoral de presque 30 ans, dans le département.

Les fonctions ministérielles s'enchaînent : ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des relations avec le Parlement, ministre de l'Agriculture et du Développement rural, jusqu'au Ministère de l'Intérieur dans le gouvernement de Pierre Messmer. 

Le 27 mai 1974, il devient Premier ministre. Une machine de guerre électorale se met en marche. Le RPR est lancé. Il en sera le président de décembre 1976 à novembre 1994. 


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L'homme de l'Élysée

En 1995, le 7 mai, c'est la consécration. Jacques Chirac devient le 22e Président de la République française. 
 

L'homme d'un autre combat

Jacques Chirac était très sensible aux questions du handicap. Le 14 avril 2016, Laurence Chirac, sa fille aînée, est décédée à l'âge de 58 ans. Elle souffrait depuis l'adolescence d'une anorexie mentale.

Une "fondation Jacques Chirac" a été créée dans les années 70 à Ussel en Corrèze (à ne pas confondre avec la Fondation Chirac à Paris consacrée au dialogue des cultures et respect de l’environnement)  poursuit l'œuvre de l'ancien député du département en matière de prise en charge du handicap au sein de l'Association des Centres Educatifs de Haute-Corrèze. Cette fondation gère l'implantation d'une vingtaine de centres éducatifs en Limousin qui offrent plus d'un millier de places dans la région. 
 

L'homme affaibli

En 2005, l'ancien chef de l'État avait été victime d'un AVC. En 2011, on apprenait que le président est atteind d'anosognosie, ce qui signifie qu'il n'a pas conscience d'être malade. Il s'agit de l'un des symptômes de la maladie d'Alzheimer.

En juillet 2016, c'est en privé que l'ancien chef de l'Etat avait visité le musée du quai Branly, alors que le site venait d'adopter officiellement le nom de  Quai Branly-Jacques Chirac mais sa dernière apparition publique remonte au 21 novembre 2014, c'était à la remise des prix de la fondation qui porte son nom à Paris. L'ancien président était apparu alors très affaibli. 

Peu de temps après, son épouse, Bernadette, avait annoncé qu'il ne parlerait plus jamais en public, évoquant "une petite baisse de sa mémoire, surtout par moments". 

 

 

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