Glaucome, la Creuse expérimente les premiers dépistages de proximité

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Écrit par Robin Spiquel .

Du 22 au 24 novembre, l’Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels (UNADEV) organise un dépistage gratuit du glaucome en Creuse. Une campagne particulièrement attendue dans ce département sous doté en ophtalmologue et autres professionnels de la vue.

En seulement quelques minutes, l’ensemble des créneaux de la matinée sont pris d’assaut. Dans la grande salle de la Mairie de Guéret, le docteur Bertrand Arnoux, ophtalmologue retraité, reçoit toute personne souhaitant se faire dépister du glaucome. Les patients sont venus nombreux, car les rendez-vous sont difficiles à trouver chez les spécialistes du département. 

Parfois il faut attendre deux à trois mois avant d'avoir un rendez-vous.

Patricia Attama, patiente venue se faire dépister à Guéret

Selon la La direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques, la Creuse ne compte aujourd’hui que deux ophtalmologues permanents, dont un seul libéral, pour 117 000 habitants.

Alors, l’association UNADEV prend les devants en organisant ces campagnes de dépistage de proximité. La Creuse est le premier territoire d’expérimentation pour ces opérations.

Deux journées de dépistages sans rendez-vous étaient prévues à l’hôtel de ville de Guéret  (9h à 12h30 et de 14h à 17h) mardi 22 et mercredi 23 novembre. Une autre journée est organisée à l’hôtel de ville de Saint-Vaury en présence d’un orthoptiste et d’un ophtalmologue en téléconsultation jeudi 24 novembre. Mais malheureusement, tous les rendez-vous sont déjà réservés. Preuve, s'il en fallait encore que la demande est réelle. 

Rassurer les patients 

Dans la longue file d’attente ce mardi matin à Guéret, Danièle trépigne. Deux ans qu’elle n’a pas vu un ophtalmologue et depuis quelque temps, ses yeux la font beaucoup souffrir.

J'ai très peur. J'espère que ce sera juste une petite bricole.

Danièle Rodrigues, patiente venue se faire dépister à Guéret

Bertrand Arnoux, prend le temps de la rassurer. Il réalise en quelques minutes une mesure de la tension intraoculaire et de l’épaisseur de cornée, ainsi qu’une photo du fond de l’œil de Danièle. Une série de tests indolores. Après une rapide analyse, pas de trace de glaucome détecté. Danièle peut enfin souffler.

Une maladie insidieuse 

Danièle a de quoi être soulagée. Le glaucome est une maladie chronique. Il s’attaque petit à petit au nerf optique, lien nerveux entre l’œil et le cerveau, et altère peu à peu le champ visuel. Il en existe deux formes, nous explique Bertrand Arnoux : 

  •  Le glaucome aigu déclenche rapidement de violents symptômes : œil rouge et douloureux. Il est donc facile à détecter, car il pousse rapidement le patient à consulter un ophtalmologue ; 
  • Le glaucome à angle ouvert est quant à lui beaucoup plus lent dans son développement. Il passe donc beaucoup plus souvent sous les radars et n’est généralement pris en charge que tardivement.

Vous pouvez perdre une partie du champ visuel sans douleurs ni symptômes. Et quand vous réalisez que vous voyez moins bien, il est déjà trop tard. 

Michel Letourneau, ambassadeur pour l'Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels (UNADEV)

Dans un cas comme dans l’autre, les symptômes sont irréversibles déplore Michel Letourneau, ambassadeur pour l'Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels (UNADEV). « Les traitements permettent d’endiguer le phénomène, mais pas de revenir en arrière ».

D’où l’importance d’un dépistage précoce et régulier. L’association recommande à toute personne de plus de 40 ans de réaliser un dépistage, tous les deux ou trois ans. Elle incite les patients ayant eu des cas de glaucome dans leur famille à en effectuer dès la majorité.

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