"On n'a pas voulu la jeter, parce qu'on ne peut pas se le permettre, mais ça ne valait rien." la saison des foins ruinée par la pluie

Si vous avez circulé cette semaine sur les routes de la région, vous avez sûrement remarqué que de nombreux agriculteurs ont commencé à faucher et à récolter l'herbe de leurs champs. Un fauchage retardé par les précipitations de ces dernières semaines alors le temps presse. Ce retard aura-t-il un impact sur la récolte ?

"Voilà là, on y est, j'aurai dû garder mes bottes, ç'aurait été plus intelligent de ma part, l'eau est vraiment là". Avec ses baskets, Thibault Lavigne, éleveur, s'enfonce dans la boue. Sur cette parcelle, l'eau affleure sous l'herbe et émet un floc, floc caractéristique du sol détrempé. 

De parole d’ancien, on n'avait jamais vu ça à cette période. Après six mois de précipitations presque quotidiennes, le sol reste gorgé d’eauLe soleil a enfin fait son retour, un retour trop tardif pour les agriculteurs. Aujourd’hui, c’est toute une récolte qui est mise à mal. 

"On a fauché des herbes qui avaient trois semaines d'avance avec trois semaines de retard. Forcément, la qualité n'est pas bonne, voire, à certains endroits, catastrophique. La première parcelle que l'on a ensilée hier était pourrie dans le pied. On n'a pas voulu la jeter parce qu'on ne peut pas se le permettre, mais ça ne valait rien."

L’humidité rend aussi le sol moins porteur, alors pour ne pas l’abimer en profondeur, certaines parcelles ne seront pas récoltées. À l’intérieur de l'ensileuse, Fabien fait donc bien attention où il place ses roues. "Ça risque de s’enterrer et une fois que ça fait des marques, elles y sont. Quand ce sont des prairies nouvelles, elles y sont pour un sacré moment" explique Fabien Michon, conducteur d'engins agricoles.

Une fois l’herbe mise en benne, elle est emmenée jusqu’au silo où elle sera ensuite recouverte d’une bâche protectrice. Ici, six exploitations différentes mutualisent leur travail pour être les plus efficaces possible. La récolte s’est faite en seulement quelques jours, les machines tournent à plein régime. Les hommes et les femmes eux sont au travail autant que possible. “Là ça fait trois jours. Le matin, on se réveille à 5 h 30, on se couche à 2h. C'est un rythme qu’est fatiguant”, confie Maxime Turpinat, éleveur avec de gros cernes sous les yeux. 

Pour les agriculteurs, le temps presse. Certains dont les sols sont trop humides n'ont pas eu l'opportunité de commencer la récolte et déjà la pluie est de retour.

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