Recrutement dans la gendarmerie : "rendre la Creuse attractive et fidéliser les effectifs"

Publié le
Écrit par Antoine Jegat

La gendarmerie nationale cherche à recruter 10 à 12 000 gendarmes dans les prochaines années. Le colonel Eric Cabioch, qui commande les 300 femmes et hommes du groupement de gendarmerie de la Creuse, fait le point dans le département.

Quel est le problème ?

Nous avons une génération de gendarmes qui part à la retraite et nous devons combler ces trous à l’emploi qui se matérialisent quotidiennement.

Quand un gendarme prend sa retraite, ou quitte l’institution, il a un mois de préavis. Or pour former un gendarme, il faut un an (huit mois d’école et quatre mois de formation sur le terrain). Donc nous devons anticiper au maximum pour avoir un nombre de gendarmes suffisant.

Vous y arrivez ?

C’est parfois difficile… Il y a cinq écoles de gendarmerie en France qui forment des sous-officiers, mais il y a certains mois où nous n’avons aucune incorporation dans le département.

La répartition se fait par région, et en fonction du rang de classement. Il y a 12 départements en Nouvelle-Aquitaine donc nous devons nous répartir les élèves entre tous ces départements. Or la Creuse, ça n’est pas la Gironde ou la Charente-Maritime… l’activité n’y est pas aussi forte.

 

Les jeunes gendarmes boudent la Creuse ?

Nous n’avons pas les mêmes atouts que les autres départements. Ce qui ne veut pas dire que nous n’en avons pas ! Les jeunes gendarmes sont là pour apprendre leur métier et en Creuse, ils ont la possibilité de l’apprendre de façon plus calme et aller au fond des choses. Dans les grandes unités, tout va très vite, ça n’est pas forcément satisfaisant.

Et puis vous n’êtes pas condamnés à rester en Creuse pendant quinze ans, vous pouvez très bien partir au bout de 4-5 ans… Nous sommes un groupement très jeune (la moyenne d’âge est de 34 ans), mais le turnover est important.

J’ai deux soucis : rendre la Creuse attractive, et fidéliser les effectifs dans le département.  Il faut arriver à attirer, même si ça n’est uniquement notre problème… Ça passe par des journées de recrutement (la gendarmerie participait au forum des métiers de la sécurité organisé mercredi à Guéret, ndlr) pour susciter des vocations parmi les jeunes du coin, ceux qui ont des attaches personnelles ou familiales dans la région.

Pourquoi choisir la gendarmerie ?

Notre panel de missions est aussi important que dans les autres départements, même si la délinquance y est moins virulente.

Dans la gendarmerie, vous pouvez aussi bien conduire une Renault Alpine, monter à cheval, plonger, piloter un hélicoptère, etc. Nous avons 300 métiers, il n’y a pas que le gendarme de brigade… Une fois qu’ils obtiennent les diplômes nécessaires, beaucoup se spécialisent.

Dans les prochaines années, nous allons avoir besoin de profils scientifiques pour travailler sur la cybercriminalité et la cyberdélinquance.

Les métiers de la sécurité sont très concurrentiels… Les gendarmes recrutent, mais les pompiers également, la police, les trois armées… sans parler du secteur privé.

 

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