De Fursac : fin d’une longue histoire à La Souterraine

La marque de prêt-à-porter masculin, née dans la région il y a près d'un demi-siècle, avait déjà quasiment disparu du paysage creusois. Sa dernière unité va fermer ses portes.

La "griffe de l'homme" employait 320 personnes à la confection de costumes masculins de luxe.
La "griffe de l'homme" employait 320 personnes à la confection de costumes masculins de luxe. © France 3 Limousin

De Fursac est une marque dont le nom résonne particulièrement autour de La Souterraine : les premiers ateliers de la marque se sont installés en 1973 à Saint-Pierre-de-Fursac. La "griffe de l'homme" employait 320 personnes à la confection de costumes masculins de luxe.

Pourtant, depuis 1996 et une délocalisation de la production en Pologne, le nombre de salariés a beaucoup diminué. Une plateforme logistique d'une quinzaine de salariés, occupés principalement à de l'emballage, restait sur place. Mais elle va fermer définitivement ses portes à la fin du mois.

"C'était une vie"

Pour La Souterraine, mais aussi pour les anciens, c'est un coup dur, un de plus pour le bassin d'emploi. Dans les années 80, les hommes travaillaient à la Socomec, future GMS, et les femmes à De Fursac.

Maryse Matthivet a vécu la première délocalisation, alors le départ de la marque ravive de nombreux souvenirs : "C’était une vie, c’était une institution, c’étaient des emplois… C’était difficile, mais tout fonctionnait bien. C’est un livre qui se termine avec une grosse pointe d’amertume."

 

 Lourd tribut

Maryse Matthivet s'en est sortie en créant son propre atelier de confection, mais pour la plupart des anciens salariés, il a fallu se recaser dans d'autres secteurs d'activités. Un sort que vont connaitre 11 des 15 derniers salariés locaux. Même s'il est très difficile d'avoir la moindre information auprès de l'entreprise, il semblerait qu'aucun reclassement ne soit prévu.

Selon Philippe Richert, de l’union locale CGT "Ils parlaient de délocaliser à Paris, mais ce que je viens d’apprendre, c’est que les 11 emplois sont supprimés. J’ai vu les costumes qu’il y a la dedans, il y a encre du travail. C’est un regroupement, encore, et la Souterraine paye un lourd tribut."

Il y a quelques jours, on embauchait encore ici des intérimaires, sans doute pour achever le travail avant fermeture définitive. Le 31 mars sera la fin de l'histoire sostranienne de cette griffe, désormais totalement délocalisée, même si elle continue d'afficher sur son site de belles photos de la Creuse.

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