Rencontre. "Je n'avais jamais tenu de guitare électrique" : les résidents d'un Ehpad adoptent l'esprit rock'n'roll !

Dans un EHPAD des Deux-Sèvres, les résidents sont devenus pendant deux jours des stars du rock. Ces souvenirs sont immortalisés sous la forme d'une exposition photographique. Lunettes noires, derrière les platines ou avec une guitare électrique, les modèles se sont prêtés au jeu !

Dans cet EHPAD de Saint-Martin-de-Sanzay (Deux-Sèvres), les bandanas sont de sortie. Le temps d'un shooting photo, les résidents et résidentes sont devenues des stars du rock. Ginette, par exemple, devient une membre temporaire des Rolling Stones, en arborant un T-shirt portant le célèbre emblème du groupe de rock.

Lunettes noires et bandanas

Les 33 clichés s'affichent sur les murs de l'établissement, dans une exposition malicieusement titrée "Salt and Pepper : Old and Rock For Never." Les regards sont frondeurs, l'attitude déterminée et les accessoires, de sortie. Raymonde Fortin tient fièrement une guitare électrique, un instrument qui rappelle sa jeunesse à la nonagénaire. "J'aimais beaucoup danser, j’ai chanté dans le temps", se souvient-elle. "J'étais une très grande danseuse. Mon mari m'avait même acheté une voiture à boîte automatique pour amener les copines au bal !"

Jean-Marie, résident de la maison de retraite, n'avait lui aussi "jamais tenu de guitare électrique. J’aimais bien la danse, le rock et les chansons pourtant." Sur la photo, on le voit casquette sur la tête, et attitude crâne.

Je n'avais jamais tenu de guitare électrique.

Jean-Marie

Résident à l'Ehpad Notre Dame des Neiges

Le shooting reste "un très bon souvenir", souligne le papy du rock qui, dit-il, "ne demandait pas mieux. Je ne pensais pas me retrouver comme ça, je ne reconnais pas. C’est une surprise aussi, j’ai bien aimé. On était tous contents d’ailleurs."

Recréer du lien

À l'origine du projet, il y a Aurélie Kugener, aide-soignante dans l'établissement. La passionnée de photographie y a trouvé une nouvelle façon de prendre soin des résidents, car "on est aide-soignant, c’est sûr, mais on n’est pas là que pour faire du soin, de la toilette, un change. C’est aussi faire du soin différemment."

Une anecdote lui revient à l'esprit : "Il y a une dame arrivée récemment, qui était très introvertie, et bien son fils nous a dit qu’il la trouvait plus ouverte et plus souriante."

Le directeur de la résidence, Hugo Fablet, explique que ce type de projets veut "véhiculer une image positive, dire que les Ehpad sont des lieux de vie et promouvoir la culture dans les résidences." L'exposition photographie a été financée par le budget de l'établissement, mais aussi avec le "temps et l'énergie de l'équipe. Il faut changer de modèle, avoir plus de temps avec les résidents et plus de moyens pour organiser de telles actions, en dehors des temps de soins."