Témoignage. Le long et complexe parcours de l'adoption : des familles solidaires

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Accueillir un enfant qui n'est pas le sien, c'est tout le chemin de l'adoption. Un parcours long et complexe. Et même une attente douloureuse parfois. Pour épauler les parents en devenir, les associations organisent des rencontres entre candidats à l'adoption et nouvelles familles. Des liens réconfortants qui se prolongent dans le privé.

Nous avons rencontré Aline, Sandrine et Sylvie. Elles ont fait connaissance lors d'un pique-nique de l'association Enfance et Famille d'Adoption. Depuis elles se revoient régulièrement pour se serrer les coudes, partager leurs doutes, leurs joies.

L'arrivée d'un enfant, un bouleversement

La joie d'avoir une maison animée par des rires d'enfants, c'est la chance d'Aline et David. Au sein de ce couple, Orlane est née d'une procréation médicalement assistée et Enzo est adopté. Cette envie d'accueillir un enfant, Aline et David en rêvaient, tout en s'obligeant à ne pas espérer trop.

Quand l’appel arrive, ça reste complètement surréaliste au début, après c'est un gros tsunami.

Aline

Aline se souvient de ce moment où tout a basculé : "Quand l’appel arrive, ça reste complètement surréaliste au début, après c'est un gros tsunami, parce que c'est très intense, mais ce n'est que du bonheur."

Dix jours seulement s'écoulent entre l'annonce et l'arrivée de ce bébé de trois mois et demi. Le chemin de l'adoption est rempli de contrastes, entre lenteur des démarches et émotions fortes.

L'attente

Sandrine, elle, en est au début de ce parcours. Elle apprécie de pouvoir partager ses questions avec d'autres couples passés par là. Il y a bien plus de candidats que d'enfants à accueillir.

On est vraiment des combattants pour devenir parents.

Sandrine

"On est vraiment des combattants pour devenir parents, mais c'est un combat très honorable. C'est une belle aventure. Même dans les discussions avec les gens autour de nous, il ne faut pas qu'il y ait de difficultés à en parler parce que c'est quelque chose que l'on vit tous les jours, il faut pas que ça devienne un tabou".

La moyenne d'attente aujourd'hui est de sept à huit ans. Le Covid n'a rien arrangé. Sandrine a ouvert son dossier en octobre 2019, la pandémie a perturbé le déroulement de la procédure, certains des entretiens se sont tenus en visioconférence. Avec son mari, ils viennent d'obtenir leur agrément, c'est le feu vert de l'administration pour être adoptants. Il est valable cinq ans.

L'espoir

Sylvie s'apprête à renouveler le sien, avec des critères modifiés. Elle souhaite adapter les critères d'âge. Avec son amoureux, ils espèrent accueillir deux enfants de cinq à neuf ans. "Pour mon mari et moi, c’est un peu comme le parcours de Procréation Médicalement Assistée, c’est autant viscéral que moral. Il y a des jours où on se prépare à vivre sans enfant, et puis d'autres où l'on espère de plus belle de donner envie à un enfant de nous choisir comme parents".

Pour mon mari et moi, c’est un parcours autant viscéral que moral.

Sylvie

Et compte-tenu de la situation internationale, ils renoncent à leur projet à l'étranger. "Ça devient difficile, et nous d'un point de vue financier, on ne peut pas assumer." Les délais sont devenus équivalents.

Pour Sylvie, ces moments d'échange entre candidats à l'adoption et familles sont un vrai soutien. "On voit qu’on est pas les seuls, qu’on est normaux ! C'est pas honteux. On est juste dans ce pourcentage de gens qui n’ont pas d’enfants naturellement."

En 2019, un peu moins de 900 enfants nés en France ont été proposés à l'adoption.

Voir l'émission spéciale du 18h30 que nous avons dédié à ce sujet (07/06/2022)

Liens utiles : Enfance & Familles d’Adoption (adoptionefa.org)