Défenestration de la petite Laly : 6 mois avec sursis requis contre la directrice de l'école privée de Périgueux

L'école privée de Périgueux où s'est déroulé le drame qui a coûté la vie à la petite Laly, 8 ans / © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï
L'école privée de Périgueux où s'est déroulé le drame qui a coûté la vie à la petite Laly, 8 ans / © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

Le drame s'est produit le 8 janvier 2015. Dans la classe d'enfants handicapés de l'école du Sacré Cœur de Périgueux, la petite Laly, 8 ans, vient d'être défenestrée par un de ses camarades de classe. Le garçonnet était récidiviste, personne n'en avait averti la directrice.

Par Pascal Faiseaux

C'est un procès où il serait bien difficile de ne pas trouver de circonstances atténuantes à l'unique accusée présente... Raison probable pour laquelle il n'a été requis que 6 mois de prison avec sursis à l'encontre de l'unique personne comparaissant dans le box des accusés.

Ce 8 janvier 2015, cette directrice de l'école du Sacré-Cœur de Périgueux s'absente un instant de la salle de classe d'inclusion scolaire qui accueille de jeunes enfants souffrant de handicaps. Un court instant pendant lequel un garçonnet ouvre une fenêtre et pousse sa camarade de classe, Laly, 8 ans. La fillette souffrant d'une trisomie 21 ne survivra pas à cette chute du premier étage, à 6m de haut. Elle décèdera le lendemain.

Certes, la maîtresse d'école n'aurait pas dû manquer de vigilance.

Mais elle ignorait surtout que le garçonnet, lui aussi âgé de 8 ans et souffrant de troubles du comportement, avait déjà commis le même geste sur une autre fillette, deux ans plus tôt. La fillette n'avait alors été que légèrement blessée. C'est à l'issue de ce geste que le jeune garçon avait été placé dans cette école de Périgueux.
La famille de la petite Laly doit revivre le drame qui selon eux aurait pu être évité / © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï
La famille de la petite Laly doit revivre le drame qui selon eux aurait pu être évité / © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

Des faits dont les services de l'Aide Sociale à l'Enfance étaient avertis, mais dont ils se sont abstenus de parler à l'école du Sacré-Cœur. Comment alors imaginer que le garçonnet puisse avoir une telle conduite ?
Maître Lionel Béthune de Moro, avocat de la Directrice de l'école du Sacré-Cœur, doit convaincre le tribunal que sa cliente ne pouvait pas se douter de l'attitude du garçonnet / © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï
Maître Lionel Béthune de Moro, avocat de la Directrice de l'école du Sacré-Cœur, doit convaincre le tribunal que sa cliente ne pouvait pas se douter de l'attitude du garçonnet / © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï
Après les 6 mois de prison avec sursis requis, le Tribunal Correctionnel d'Angoulême devra donc juger les faits, et principalement le manque de vigilance de l'enseignante. Ils n'auront pas à se pencher sur les autres responsabilité, car cette dernière est la seule à comparaître pour répondre de ce drame. Le délibéré sera rendu le 2 janvier 2020
 
Procès de l'affaire Laly à Angoulême
Dans ce procès, seule la directrice de l'école privée, qui surveillait la classe au moment du drame, est sur les bancs des accusés. Elle n'avait pas été mise au courant de la potentielle dangerosité du petit garçon qui avait déjà défenestré une autre fillette avant de venir dans son école. Reportage de Philippe Niccolaï et Pascal Tinon. Montage Floriane Pelé - France 3 Périgords - Philippe Niccolaï & Pascal Tinon

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