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Le député LREM Michel Delpon explique la forte mobilisation des Gilets jaunes en Dordogne

La mobilisation se poursuit en Dordogne, où de nombreux barrages sont toujours en cours. / © S.Bouwy / F3 Périgord
La mobilisation se poursuit en Dordogne, où de nombreux barrages sont toujours en cours. / © S.Bouwy / F3 Périgord

Le mouvement des Gilets jaunes a été très suivi en Dordogne. Ce mercredi 21 novembre, plus d'une dizaine de barrages étaient encore en cours. Pour Michel Delpon, cette forte mobilisation découle de la situation du département.

Par Margaux Dubieilh

Au 5e jour de mobilisation, le mouvement des Gilets jaunes enregistre un net recul : seulement 10 000 manifestants auraient été recensés, d'après une source policière, contre près de 300 000 samedi dernier. Pourtant, en Dordogne, plus d'une dizaine de barrages était encore en cours ce mercredi.
 

Pourquoi une si forte mobilisation en Dordogne ?

La réponse tient en deux mots : pauvreté et transports. En effet, le département monte sur la troisième marche du podium des taux de pauvreté avec 16,3%. Il se place derrière la Creuse et le Lot-et-Garonne. Il possède aussi le taux de chômage le plus élevé de Nouvelle-Aquitaine (9,4%).

L'éloignement de la Dordogne par rapport aux grandes villes joue aussi un rôle crucial dans la mobilisation, comme l'explique Michel Delpon, député LREM de la circonscription où se trouve Bergerac :

Nous sommes éloignés des métropoles, donc contrairement à Paris ou Bordeaux où les gens peuvent circuler en tramway ou en métro, en Dordogne on est obligés de prendre la voiture.

Beaucoup d'habitants du départements doivent donc passer à la pompe régulièrement, avec un budget déjà serré. De quoi donner le feu aux poudres.

Michel Delpon souhaiterais attirer des entreprises dédiées aux nouvelles énergies à Bergerac. "Je crois que la solution passe par l'économie dans des endroits comme le notre. Et bien évidemment dans le transports".

Le député rappelle notamment que la ligne ferroviaire Bordeaux-Bergerac-Sarlat a été menacée de fermeture en 2017. Celle-ci a pu être sauvée grâce aux actions des collectivités locales.
 

Les victimes des Gilets jaunes

Michel Delpon avance aussi les "dégâts économiques" que vont engendrer les blocages. "Moi j'ai des chefs d'entreprise qui m'appellent, qui m'alertent: ils ne savent pas comment faire. Ils me disent qu'ils vont être obligés de mettre leur personnel au chômage technique."

D'après lui, le mouvement des Gilets Jaunes serait un nouveau coup dur sur l'économie française, après les grèves de la SNCF et d'Air France en début d'année. S'il comprend le ras-le-bol des manifestants, il appelle à un retour au calme :

Il faudrait lever les barrages pour que les gens aillent travailler. Parce qu'il va y avoir d'autres victimes, qui ne seront pas nécessairement les Gilets jaunes, mais qui vont se retrouver en difficulté économiquement.
 

Où sont les interlocuteurs ?

Mais pour espérer une accalmie, encore faut-il savoir à qui s'adresser : "C'est très inquiétant : nous n'avons pas d'interlocuteurs en face pour négocier", explique Michel Delpon.

En effet, la plupart des Gilets jaunes n'ont pas déclaré leurs blocages à la préfecture de Dordogne. La particularité de ce mouvement, c'est qu'il n'est organisé par aucun syndicat. Difficile alors de pouvoir entamer le dialogue. "Il faut qu'on nous donne des portes-paroles pour que l'on puisse négocier", assène le député LREM.

En début de soirée ce mercredi 21 novembre, seuls quelques barrages filtrants et points de rassemblement étaient encore en place. Mais les Gilets jaunes devraient reconduire le mouvement demain.
 

 

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