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Les professionnels libéraux en grève pour faire plier le gouvernement

Pharmaciens, huissiers, notaires, médecins... Les libéraux sont appelés à garder portes closes, pour une journée de grève qui s'annonce particulièrement suivie, en riposte au projet gouvernemental de réforme des professions réglementées. Ce matin à Périgueux, 200 pharmaciens étaient dans la rue.
© cc Fabrice Bidault
L'Union nationale des professions libérales (UNAPL), qui a appelé à une journée sans professionnels libéraux, s'attend une participation très forte.


Dans le viseur des grévistes, le projet de loi "pour la croissance" annoncé début juillet par le gouvernement, qui inclut un volet sur les professions réglementées et remet en question leurs tarifs et leurs monopoles.

Il y a beaucoup de fausses idées qui circulent sur ce projet


 a réagi le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, dans un entretien au quotidien Paris-Normandie

Des rassemblements sont prévus dans toute la France à l'initiative des syndicats.

Après les manifestations des notaires et des huissiers à Paris à la mi-septembre, les pharmaciens seront cette fois-ci à la pointe de la mobilisation, avec un taux de fermeture des officines avoisinant 90% en moyenne.
Réquisitionnées pour assurer la permanence des soins, comme la loi l'autorise, des pharmacies de garde seront néanmoins ouvertes toute la journée. Chaque Agence régionale de santé a mis en ligne une liste des officines de garde pour la journée de mardi.

La mobilisation des libéraux se traduira aussi par des fermetures de cabinets médicaux, parfois pour quelques heures seulement. La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF, majoritaire) conseille ainsi aux praticiens de "s'adapter en fonction de la situation locale".

D'autres professions, comme les greffiers des tribunaux de commerce ou les administrateurs et mandataires judiciaires, privés de droit de grève, manifesteront leurs inquiétudes auprès de leurs publics respectifs.

Un projet "inacceptable" 

Parmi les mesures qui fâchent ces professionnels, certaines font l'unanimité contre elles, comme l'ouverture du capital des sociétés d'exercice libéral (SEL) à des non-professionnels, un projet qualifié d'"inacceptable" par Michel Chassang, président de l'UNAPL.

Les professions médicales s'inquiètent aussi d'une éventuelle suppression du numerus clausus, qui limite actuellement le nombre d'étudiants en médecine, pharmacie, chirurgie dentaire et kinésithérapie.
Annoncé début juillet par l'ancien ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, le projet de "loi pour la croissance" devait inclure un volet sur les professions réglementées, afin de "restituer l'équivalent de 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat aux Français".

Ce projet se fonde en partie sur un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF), gardé secret depuis mars 2013 et publié la semaine dernière, ce qui a relancé la contestation des professions visées.
Face à la fronde des professions concernées, Emmanuel Macron, nouvel hôte de Bercy, a repoussé la réforme à 2015 et assuré qu'elle serait limitée à de "petits déblocages".

On ne va pas résoudre les problèmes des Français en sacrifiant les notaires ou les pharmaciens. Je ne vais pas dire qu'on rendra 6 milliards de pouvoir d'achat aux Français, ce n'est pas vrai, c'est une illusion


"Des paroles incontestablement apaisantes" alors saluées par M. Chassang, qui a depuis changé de ton. Le président de l'UNAPL estime à présent que le gouvernement "n'a donné aucun signe d'ouverture et persiste à vouloir maintenir une réforme absurde".

Les pharmaciens ce sont mobilisés ce mardi matin devant la préfecture de Périgueux contre la dérèglementation de leur profession
Les pharmaciens ce sont mobilisés ce mardi matin devant la préfecture de Périgueux contre la dérèglementation de leur profession © Fabrice Bidault
© Fabrice Bidault
Une centaine de pharmaciens manifestaient cet après-midi devant la préfecture de Bayonne. Ils ont remis une pétition au préfet.
Une centaine de pharmaciens manifestaient cet après-midi devant la préfecture de Bayonne. Ils ont remis une pétition au préfet. © Serge Guynier

 

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