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Faute de neige, début de saison de ski au ralenti dans les Pyrénées

La Pierre-Saint-Martin est la seule station béarnaise ouverte pour ces congés d'hiver. / © FTV
La Pierre-Saint-Martin est la seule station béarnaise ouverte pour ces congés d'hiver. / © FTV

"On est forcément un peu inquiets": faute de neige, la plupart des stations de ski des Pyrénées tournent au ralenti lors des vacances de Noël et comptent désormais sur une bonne fréquentation les trois prochains mois pour sauver leur saison.

Par C.O avec AFP


    "On a eu des hivers problématiques, mais là, même en altitude, il n'y a rien. De mémoire, ça fait au moins 20 ans que ça n'est pas arrivé. On attend le froid avec impatience", indique à l'AFP Jean-Claude Dupla, le directeur de Saint-Lary Soulan (Hautes-Pyrénées), dont la station n'a pu ouvrir que 4 pistes sur 56.
 

   "Ce manque de neige et de froid, c'est exceptionnel. C'est un scénario que j'avais connu en 2000-2001. Ca ne fait plaisir à personne. On regarde la météo très régulièrement et on espère que la situation va changer rapidement", assure de son côté Cyril Bardin, directeur de la communication de la station d'Ax 3 Domaines (Ariège), qui a ouvert 7 pistes sur 36.

    

Seulement 13 stations, partiellement, ouvertes

Seules 13 stations, sur la trentaine que comptent les Pyrénées françaises, ont partiellement ouvert leurs domaines aux skieurs.  Le massif pyrénéen représente environ 10% des parts de marché du ski en France, un des plus importants au monde avec les Etats-Unis et l'Autriche. Il draine essentiellement une clientèle locale ou espagnole. L'épaisseur de neige dans les Pyrénées pourrait diminuer de moitié et les températures maximales moyennes augmenter de 1,4 à 3,3 degrés d'ici à 2050, selon l'Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC).

"Activités d'été" 

    A Gourette (Pyrénées-Atlantiques), les pistes restent fermées car "il n'y a pas suffisamment de neige sur les parties intermédiaire et basse de la station pour faire descendre les gens en sécurité jusqu'aux remontées", explique le directeur marketing Claude Weiss, qui précise que "la station est tout de même ouverte, d'autant que les gens qui avaient réservé n'ont pour la plupart pas annulé leurs vacances".
    "Pour le moment, ce n'est pas possible d'ouvrir, confirme Hervé Pouneau, le directeur du syndicat mixte regroupant les trois stations de Haute-Garonne, Le Mourtis, Luchon-Superbagnères et Bourg-d'Oueil. On a remis en place des activités d'été. C'est sûr que c'est
un manque à gagner. On ne rattrapera pas ce que l'on a perdu. Mais on compte sur un report de clientèle en janvier, et on attend beaucoup de février, qui représente pour nous 60% des recettes".
    "On est forcément un peu inquiets mais, si la suite de la saison se passe bien, on peut encore équilibrer un budget. Disons que ça ne nous laisse plus trop de marges", poursuit Cyril Bardin, ajoutant que "les conséquences sur l'emploi sont réelles puisque les saisonniers de la station n'ont pas encore pu démarrer".
    "Pour nous, les vacances de Noël, c'est globalement 20% du chiffre d'affaires. Ça ne sera pas une bonne saison, mais ça ne sera pas forcément une saison catastrophique non plus. Si on n'a pas de neige jusqu'en février, là ce sera différent", indique de son côté Henri Mahourat, le directeur du Grand Tourmalet (Hautes-Pyrénées).

 "Neige de culture"

    "On a une inversion de températures en ce moment. La nuit, l'air est plus chaud en altitude que dans les vallées. Dès mercredi, on devrait avoir de l'air plus frais à partir de 2.000 mètres, indique Patrick Chartier, prévisionniste à Météo France. Mais on va garder des conditions anticycloniques au moins jusqu'au milieu de semaine prochaine. Il ne devrait pas neiger d'ici là", assure-t-il.
    Quelques stations pyrénéennes ont toutefois réussi à fonctionner presque normalement, à l'image de Font-Romeu-Pyrénées 2000 (Pyrénées-Orientales), qui est ouverte depuis le 1er décembre. 
    "Nous avons à peu près le même nombre de skieurs que l'an dernier, affirme Jacques Alvarez, le directeur adjoint. Nous avons réussi à ouvrir 18 pistes, grâce à un climat sec propre à nos vallées et surtout à un réseau d'enneigeurs très performants, dont la dernière génération nous permet de produire de la neige de culture à des températures un peu plus chaudes. C'est grâce à cela que l'on tire notre épingle du jeu".
   

    Voyez le reportage de Laurianne de Casanove et Benoit Bracot à La Pierre-Saint-Martin, seule station béarnaise ouverte : 

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