À Bordeaux, Sciences Po et le lycée Magendie bloqués en soutien à la mobilisation contre la réforme des retraites

Lycéens comme étudiants souhaitent apporter leur soutien à lutte contre la réforme des retraites, ce 9 mars. Le lycée Magendie et Sciences Po Bordeaux sont bloqués toute la journée. Une jeunesse qui porte aussi ses propres revendications, notamment contre la précarité.

Devant la grille, un tas de poubelles et des barrières empêchent l’accès à l’établissement. Depuis 6 heures du matin ce jeudi 9 mars 2023, le lycée François Magendie de Bordeaux est bloqué. Ils étaient une cinquantaine de lycéens à avoir voté ce blocus en Assemblée Générale la veille. Une mobilisation conjointe à celle qui a lieu à Sciences Po Bordeaux dans le même temps. Étudiants comme lycéens veulent exprimer leur soutien à la mobilisation contre la réforme des retraites, mais également soutenir des revendications "propres à la jeunesse".

Des revendications multiples

À 10 heures ce jeudi, les lycéens de Magendie se réunissaient en Assemblée Générale. Selon eux, 200 personnes étaient présentes parmi lesquelles des professeurs du lycée, des étudiants et des syndicalistes venus prêter main forte. "Il a été décidé que l’on continue de bloquer pour la journée, rapporte Axel, 16 ans, lycéen à Magendie et militant à Révolution permanente et au Poing Levé Bordeaux. On ouvrira seulement une entrée à 16 heures pour les conseils de classe, mais pas pour les cours."

Les lycéens veulent s’inscrire dans la continuité de la mobilisation de la réforme des retraites qui dure depuis le 7 mars, mais pas seulement. "On a aussi des revendications générales pour la jeunesse. On veut exprimer notre désaccord envers l’embrigadement de la jeunesse par le Service national universel et contre la répression policière. On revendique aussi l’importance des combats pour les droits des femmes et le climat", énumère Axel. Sur Twitter, ils annoncent également avoir organisé une "caisse de grève" afin de soutenir financièrement les professeurs et assistants d’éducation engagés contre la réforme des retraites. 

La précarité étudiante pointée du doigt

Un mouvement qui recouvre donc de nombreuses revendications. Une pluralité de combats que souhaite d’ailleurs souligner Jahan Lutz, élu étudiant à l’Université de Bordeaux et militant à Révolution permanente et au Poing Levé, présent au blocus de Sciences Po : "On veut porter ce lien entre nos revendications, car c’est encore le gouvernement qui nous attaque. On veut montrer notre soutien à la lutte contre la réforme des retraites, parce que pour nous, c'est le seul moyen de faire reculer le gouvernement." Il pointe notamment la problématique de la précarité étudiante. 

Avec son organisation, ils ont mené une enquête auprès de 1 400 étudiants. "Parmi eux, une majorité déclare sauter des repas, ce n’est pas admissible. L’Assemblée nationale a rejeté la proposition de loi sur les repas du Crous à 1 euro", pointe Jahan Lutz. Un rassemblement est prévu à 18 heures devant le Crous de Bordeaux pour aborder notamment ce sujet. 

Au vu de la précarité étudiante, on demande un revenu étudiant. Beaucoup doivent travailler en dehors des cours. C'est autant de temps qu'on ne passe pas à étudier.

Jahan Lutz, élu étudiant à l’Université de Bordeaux et militant à Révolution permanente et au Poing Levé

De nombreux rapports sont déjà sortis sur le sujet, pointant les difficultés des étudiants à faire face à l’inflation, notamment pour se loger convenablement ou manger à leur faim. Les distributions alimentaires ne cessent d’augmenter et les associations n’arrivent plus à suivre. Pour répondre à ces difficultés qui augmentent, les étudiants mobilisés demandent un revenu étudiant.

Malgré le blocage qui durera toute la journée, à Sciences Po comme au lycée Magendie de Bordeaux, les organisateurs ne pensent pas que la mobilisation durera les prochains jours. En attendant, une partie de la jeunesse bordelaise semble déterminée à se faire entendre.

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