Aéroport de Bordeaux-Mérignac : première manifestation des riverains exaspérés par les nuisances sonores devant l’aérogare

La colère des riverains de l'aéroport de Mérignac est intacte. Ils en ont assez de voir défiler des avions au-dessus des maisons à longueur de journée. À l’approche de la saison estivale et de l’augmentation du trafic, ils se sont retrouvés pour manifester leur désarroi.

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Ils estiment leur santé en danger et ont l’impression de ne pas être entendus. Voilà maintenant des mois que les riverains crient leur exaspération. Alors pour la première fois, des habitants d'Eysines, du Haillan et des communes alentour ont décidé de rallier l’aéroport pour manifester et faire du bruit.

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L’aéroport de Bordeaux –Mérignac est le seul grand aéroport français à ne pas limiter les décollages et les atterrissages nocturnes. ©France télévisions

Se faire entendre, comme ils entendent les centaines d’avions qui balaient le ciel chaque jour. Ils sont là, munis de sifflets, pour demander des mesures afin de réduire la pollution sonore. Beaucoup disent vivre un enfer au quotidien et s’interrogent pour leur santé.

122 000 vols par an dans les quinze prochaines années


"On demande le respect de la réglementation. L’OMS a dit que le bruit augmente de façon considérable les maladies cardio-vasculaires. Nous avons, nous aussi, besoin de vivre autant que les autres avec la même qualité de vie. Il n’est pas question de supprimer l’avion, il est question d’une utilisation raisonnée" assure cette manifestante.
Au total, 350 personnes ont fait le déplacement. Beaucoup sont arrivés dans l’un des cinq bus affrétés pour l’occasion.

C’est la première fois que l’on arrive à mobiliser plusieurs centaines de personnes

Andréa Kiss, maire du Haillan

France 3 Aquitaine

Les slogans sont sans équivoque. "À ras le vol" "Bruit + pollution, ça suffit !"  "laissez-nous dormir la nuit" peut-on lire sur les pancartes. 

Parmi les participants, des élus venus avec leur écharpe tricolore. Cinq maires sont présents, dont Andréa Kiss du Haillan qui espère interpeller les autorités. " Nous sommes comme d’autres communes directement concernées par les nuisances, le bruit et la pollution que génère l’activité aéroportuaire. Vous avez vu les maires de Parempuyre, de Saint-Médard-en-Jalles sont là, donc c’est un problème plus général qui concerne tout le cadran nord-ouest". Tous demandent l'interdiction des vols de nuit entre 23 heures et 6 heures du matin, la limitation du trafic aérien au niveau de 2019, c'est-à-dire 84.000 vols et la réalisation d'un plan de gêne sonore actualisé par une autorité indépendante. 

L’aéroport de Bordeaux –Mérignac est le seul grand aéroport français à ne pas limiter les décollages et les atterrissages nocturnes.

À la tête du cortège, Jean-Claude Godain. Il préside l’association Eysino-Haillanaise de défense contre les nuisances de l'aéroport (AEHDCNA). En octobre 2022, Il avait adressé un courrier à l'ancienne préfète de la Gironde, Fabienne Buccio, dans lequel il demandait déjà la mise en place de restrictions significatives. Il déplore notamment le Plan de prévention du bruit de l'aéroport international de Bordeaux-Mérignac en Gironde, signé par la préfecture. Le dispositif prévoit une augmentation du trafic de 122 000 vols par an dans les quinze prochaines années.

"On doit plafonner ce trafic aérien. On ne peut plus se permettre d’augmenter indéfiniment le trafic. Ce n’est plus possible avec l’urbanisation qui entoure l’aéroport. Ce plan ne tient pas compte des riverains et nous, on ne peut pas accepter ça" rappelle l’ancien membre de l'armée de l'Air.

La piste sécante menacée


Autre sujet d’inquiétude : l’avenir de pistes sécantes jugées capitales aux yeux des manifestants. À terme, l’une d’elles pourrait disparaître. Celle qui représente 15% du trafic aérien bordelais - soit un avion sur six - serait supprimée comme l’envisage le ministère des Transports. Le trafic se reporterait alors sur la piste principale et les nuisances sonores seraient plus grandes pour 88 000 riverains. D’après les habitants, le niveau des décibels pourrait être multiplié par trois.

En provoquant cette manifestation devant l’aéroport, les manifestants espèrent bien reprendre le dialogue avec l’État. Les représentants de l’AEHDCNA ont remis leur cahier de doléances à la direction de l’aéroport ou une délégation a été reçue.