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Apprentissage et Erasmus : des réformes pour favoriser la mobilité des apprentis

Chloé va bientôt quitter Bordeaux pour Francfort, en Allemagne. La jeune fille fait partie des 7 000 apprentis français partent en Erasmus chaque année, contre près de 45 000 pour les jeunes étudiants. Le gouvernement français a annoncé des mesures pour favoriser la mobilité des apprentis. 
Apprentie à l'institut consulaire de formation en alternance à Bordeaux, la jeune Chloé partira bientôt en Erasmus à Francfort.
Apprentie à l'institut consulaire de formation en alternance à Bordeaux, la jeune Chloé partira bientôt en Erasmus à Francfort. © France 3 Aquitaine
Aujourd'hui, seuls 7 000 apprentis français partent à la découverte d'un pays européen dans le cadre du programme Erasmus chaque année, contre 45 000 étudiants. 

Pour pallier cette inégalité, la ministre du Travail, Mme Pénicaud a demandé au député européen Jean Arthuis d'identifier les freins à la mobilité des apprentis et formuler des propositions. Aujourd'hui, Muriel Pénicaud a annoncé que la plupart des recommandations de M. Arthuis seraient retenues. 

À Bordeaux, Chloé Valès, apprentie en CAP cuisine, ne pensait pas pouvoir partir un jour. Mais elle s'envolera bientôt pour Francfort, en Allemagne. "Cela va me faire découvrir l'Allemagne", se réjouit-elle. 


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Chloé, apprentie en CAP cuisine à Bordeaux, partira bientôt en Erasmus à Francfort ©France 3 Aquitaine

 

Quelles sont les réformes envisagées ?

Le rapport préconise entre autre d'adapter le Code du travail, en permettant de suspendre certaines clauses du contrat de travail d'un apprenti en mobilité - notamment celles sur la rémunération et la responsabilité de l'employeur, qui en serait déchargé pendant le séjour à l'étranger, contrairement à aujourd'hui.

Concernant l'autonomie financière, Jean Arthuis propose le versement aux apprentis d'un complément, financé par les OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés). En effet, dans certains pays, les entreprises d'accueil ne rémunèrent pas leurs apprentis, et la bourse Erasmus (quoique calculée en fonction du niveau de vie du pays d'accueil) ne compense pas en totalité la perte de revenu par rapport à un salaire.

De plus, les séjours des apprentis durent en général beaucoup moins longtemps (deux ou trois semaines), face notamment aux réticences des employeurs. Pour encourager ces derniers, en plus de rendre l'opération nulle financièrement, une piste consisterait à promouvoir la même démarche dans les pays voisins pour que les entreprises puissent accueillir des apprentis étrangers en retour.

Dans cette optique, le rapport comporte pour moitié des propositions sur le plan européen: promotion de jumelages entre CFA (centres de formation d'apprentis), création d'une mission "apprentissage-formation professionnelle" au sein de la Commission européenne... Mais surtout triplement des crédits Erasmus dans les prochains budgets de l'Union européenne (il était de 2,3 milliards d'euros en 2018), afin de financer la montée en puissance espérée du programme.
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