Violente attaque au Grand parc à Bordeaux : les policiers dénoncent un guet-apens

Trois policiers ont été pris à parti hier dans le quartier du Grand Parc. Entre 15 et 20 individus les auraient attaqués à coups de tirs de mortier. "Tuez-les, Tuez-les" aurait incité l'une des personnes du groupe. Les syndicats de policiers dénoncent un guet-apens, inédit à Bordeaux.  

La patrouille était venue récupérer un scooter volé vers 19h, hier dans ce quartier populaire situé au Nord de Bordeaux. Mais les trois policiers étaient, semble-t-il, attendus. Ils ont essuyé des tirs de mortier, ces dispositifs de feux d'artifice utilisés lors de violences urbaines. Le syndicat Alliance parle de 7 impacts sur le véhicule de la brigade anti-criminalité. 

L'un des fonctionnaires, bloqué à l'intérieur aurait fait usage de son arme, en légitime défense selon le syndicat. Un homme armé " le menaçait directement". 
Alliance parle d'un guets-apens au grand Parc à Bordeaux

La Direction Départementale de la Sûreté publique confirme une "intention belliqueuse voire meurtrière" des individus  et indique qu'un des policiers a été légèrement brûlé à la main gauche. Des résidus d'explosifs sont entrés dans l'habitacle. Les deux autres fonctionnaires qui en étaient sortis, souffrent d'acouphènes. 

Des renforts ont été envoyés. Cinq individus interpellés. Tous mineurs. Ils ont été placés en garde à vue. L'enquête, ouverte pour homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique, a été confiée à la Direction interrégionale de la police judiciaire.

Le maire de Bordeaux Pierre Hurmic a condamné l'incident sur les réseaux sociaux et exprimé sa solidarité envers les agents blessés dans l'exercice de leurs fonctions. 
 

"La situation à Bordeaux devient préoccupante" estime  Philippe Rolland de Unité-SGP Police. L'un des individus aurait crié à plusieurs reprise "Tuez-les, tuez-les". C'est donc une "tentative d'assassinat" selon le syndicaliste. Un seuil a été franchi hier, selon lui. Ce guets apens est une première dans la capitale girondine jusque là relativement calme. Mais "on constate de plus en plus de violence, de règlements de compte, une insécurité grandissante comme dans toutes les grandes métropoles" déplore Philippe Rolland.

Pendant le confinement déjà, les policiers avaient été mis en difficultés quand ils ont tenté d'intervenir lors de rodéos urbains ou lors d'un match de football organisé dans le quartier du Grand Parc. 

Hier soir, à Pessac, trois hommes ont expulsé une automobiliste de son véhicule pour le lui voler. Ils ont refusé d'obtempérer à un premier contrôle de police puis ont forcé un barrage. Un agent de police a du faire usage de son arme sans blesser personne.  Deux personnes, de 19 et 20 ans, ont été interpellées et placées en garde à vue.
"On sent la pression monter dans toute la métropole" précise Philippe Rolland. Unité SGP-Police  réclame depuis plusieurs mois un renfort d'au moins 50 policiers. La population de la métropole ne cesse de grimper et les effectifs de police ne sont plus adaptés. 

Le syndicat Alliance, de son côté, rappelle "l'exaspération des policiers bordelais face à la violence exponentielle à laquelle ils sont confrontés tous les jours" et s'étonne que "12 effectifs" (34 l'an prochain) aient été transférés au e-commissariat , sans compensation sur le terrain. 
 
Début Juillet, notre journaliste Candice Olivari avait recueilli le témoignage rare de policiers bordelais qui se sentaient abandonnés par leur hierarchie alors que sur le terrain ils font face à un nouveau type de délinquance, des groupes de mineurs non accompagnés armés.
 



 

 
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