Réunis en assemblée générale ce mardi 14 mai, les agents hospitaliers du service des urgences du CHU Pellegrin ont lancé un préavis de grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail, demander une meilleure rémunération, et l'amélioration de l'accueil des patients.
Depuis le 15 avril dernier, les agents des services d'urgence des hôpitaux de Paris sont en grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Un mouvement qui s'étend peu à peu, auquel viennent de se rallier les agents des urgences du CHU Pellegrin de Bordeaux, après ceux de l'hôpital Saint-André en début de semaine.
Ce mardi 14 mai, réunis en assemblée générale, les agents du CHU Pellegrin ont voté en faveur de la grève. Un préavis sera adressé dès demain à la direction de l'hôpital, qui devra ensuite les recevoir et engager un dialogue social.
Prime de 300 euros et hausse des effectifs
"Nos revendications sont les mêmes que celles de l'APHP", détaille Alain Es-Sebbar, représentant de la CGT du CHU Pellegrin. "Nous demandons une prime de pénibilité de 300 euros nets mensuels, une augmentation des effectifs et d'autres mesures pour améliorer les conditions de travails des agents".
Actuellement, 170 agents travaillent au sein des urgences de l'hôpital bordelais. "Il faudrait au moins 20 agents supplémentaires : aides-soignants, brancardiers..." énumère Alain Es-Sebbar.
Parmi les autres revendications formulées par les grévistes, l'octroi de primes supplémentaires, de plus de matériel (notamment des tenues), ainsi que des places de parking dédiées.
Pourquoi ne pas créer des urgences gériatriques ?
Aide-soignante depuis huit ans, Nathalie travaille aux urgences du CHU Pellegrin. Elle témoigne de la dégradation de ses conditions de travail. "La population de Bordeaux a beaucoup augmenté ces dernières années, et les effectifs sont insuffisants", dénonce-t-elle.
Conséquence : "ça bloque à tous les niveaux, les patients attendent des heures dans les couloirs, et la régulation ne peut plus faire son travail".
Elle se mobilise donc pour que la prise en charge des patients s'améliore, tout comme ses conditions de travail.
Et évoque une autre piste pour désengorger les urgences. "Nous avons des urgences pédiatriques, pour les grands brûlés, pour la maternité... mais rien pour les personnes âgées, qui représentent une grande partie des patients. La création d'urgences gériatriques pourrait améliorer les choses", suggère-t-elle.