Bordeaux : débats toujours houleux et guérilla juridique au procès de Moufide Bouchibi, baron présumé de la drogue

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Écrit par CLH avec Agence France Presse et F. Farge sur place
Moufide Bouchibi à la place du prévenu lors de son procès au tribunal correctionnel de Bordeaux (1er et 2 septembre 2021)
Moufide Bouchibi à la place du prévenu lors de son procès au tribunal correctionnel de Bordeaux (1er et 2 septembre 2021) © FTV

La tension était toujours lors du deuxième jour de procès du baron présumé de la drogue surnommé "Mouf jeudi 2 septembre". Ses avocats " dénonce toujours "un procès d’exception, car il est impossible de juger". Le procès se poursuit ce vendredi.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a commencé jeudi après-midi 2 septembre à se plonger dans l'affaire de trafic qui rattrape un baron présumé de la drogue, Moufide Bouchibi. Une deuxième journée de procès dans une atmosphère électrique, comme la veille. 

Ce procès est exceptionnel, c’est un procès d’exception car il est impossible de juger… Oui nous assumons notre stratégie celle de prendre notre temps et nous voulons que soit reconnu les défauts de cette procédure. Il s’agit de sauver l’institution judiciaire. 

Maître Bidnic - avocat de Moufide Bouchibi

Le 10 mars 2011, le chauffeur d'une Mercedes roulant depuis l'Espagne finit sa course dans le fossé en tentant d'échapper à un contrôle, dans le Tarn-et-Garonne. A l'intérieur, les gendarmes découvrent 743,6 kg de cannabis.

Dix ans plus tard, le franco-algérien de 41 ans, surnommé "Mouf", est rejugé à Bordeaux pour l'organisation d'une dizaine de ces convois de drogue au volant de grosses cylindrées, les "go-fast", permettant l'importation depuis le Maroc de centaines de kilos de résine de cannabis en 2011 et 2012. 

En septembre 2015, 14 personnes ont été jugées pour avoir joué un rôle dans ce vaste réseau, mais une seule manquait dans le box, Moufide Bouchibi, parfois rebaptisé "roi du shit". À l'époque, Le tribunal correctionnel de Bordeaux l'a condamné en son absence à 20 ans de prison et un million d'euros d'amende, pour des faits qu'il conteste. 

Arrêté en mars à Dubaï où il s'était établi et transféré en mai en France, le trafiquant présumé n'a jusqu'à ce jeudi après-midi pas pu être entendu, n'ayant prononcé que quelques mots pour décliner son identité et évoquer "un mal de tête". Pour la première fois jeudi, le prévenu a pris la parole.

Programmé sur deux jours, mercredi et jeudi, ce nouveau procès après opposition de ce jugement, a très vite tourné au bras de fer procédural entre magistrats et avocats, pendant quasiment une journée et demi. Il est donc prolongé ce vendredi. Début des audiences à 11 heures avec les plaidoiries de la défense et le réquisitoire.

Procès sous tension

Pas moins de neuf suspensions le premier jour, des cris, des échanges d'invectives, et au final une intervention du bâtonnier pour tenter d'"apaiser" les esprits: la première journée, essentiellement consacrée à des  débats sur l'extradition et la détention de Moufide Bouchibi, a tourné à une guérilla juridique dans le prétoire. 
 

Les avocats ont accusé le tribunal de vouloir juger le prévenu "à marche forcée", les magistrats dénonçant, eux, une obstruction. 

Appel de l'acte de renvoi, contestation des écoutes téléphoniques, et du mandat d'arrêt lancé en 2012: les avocats sont encore revenus à la charge jeudi pour torpiller la procédure et tenter de faire annuler le procès, en vain. 

"Il n'a jamais été informé qu'il était poursuivi et qu'il était en fuite (...) ce procès est impossible, il faut arrêter le massacre", a plaidé Me Thomas Bidnic. 

Le procureur Mathieu Fohlen, sans remettre en cause la procédure, a admis de son côté qu'il "ne pouvait pas être en fuite", pour ces faits, car le prévenu était déjà réputé être à l'étranger après sa sortie de prison en 2009, avec une adresse connue au Maroc.

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