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Bordeaux : lancement d'Ovale citoyen, une équipe de rugby à destination des exclus

L'équipe à l'origine du projet ovale Citoyen / © France 3 Aquitaine
L'équipe à l'origine du projet ovale Citoyen / © France 3 Aquitaine

Une équipe de rugby à destination des SDF, des migrants et des exclus. C'est le projet ambitieux d'Ovale citoyen sur Bordeaux. L'association recherche encore activement un terrain prêt à les accueillir sur la métropole.

Par Maïté Koda

"Enfin, je refais partie d'une équipe." Les mots sont prononcés par l'ex gloire du stade français Raphaël Poulain,  retiré des terrains depuis 2008. L'ancien ailier, triple champion de France rejoint un nouveau club, qui n'a ni joueurs – le recrutement se finalisera en septembre - , ni terrain.
Cette équipe, c'est  Ovale Citoyen, une équipe de rugby montée à Bordeaux, et à destination des jeunes migrants, SDF, et exclus de la société.
 

Le rugby, ce n'est pas que le Top 14

 
"Le rugby, ce n'est pas que le Top 14 et la pro D2. C'est aussi les petits clubs amateurs, et le rugby c'est la vie, " assure Raphaël Poulain.  Dans la foulée, l'ex rugbyman tient à préciser sa pensée, tout en donnant le ton: " et ce discours que je vous tiens, ce n'est pas que de la branlette philosophique".
 

"J'ai envie de défendre des valeurs"

Raphaël Poulain n'a pas été choisi par hasard pour parrainer ce projet ambitieux. En 2011, l'ancien professionnel révélait dans son livre "Quand j'étais Superman", ses années de gloire, et celles, beaucoup plus sombres qui ont suivi après des blessures à répétition :  RSA, frasques, et une vie sur le fil, jamais loin de la rue.
 
"Le rugby a fait de moi un homme intègre. J'ai connu la dépression, le burn-out, et aujourd'hui je sais que je suis un homme bien parmi des gens bien. Et j'ai envie de défendre des valeurs comme l'esprit d'équipe et le respect de la différence".



 
 

Soutien fédéral

Raphaël Poulain n'est pas venu seul à La Jeune garde, un restaurant des Capucins, pour défendre son projet : à ses côtés,  Jeff, aka Jean-François Puech. Le co-président de l'association explique la genèse d'Ovale citoyen, en fin d'année 2017.

Puis une rencontre fortuite avec Serge Simon, vice-président de la Fédération française de rugby, un dimanche au marché des Capucins. Depuis, la fédération leur a apporté son soutien.
 

Un défi plus que sportif

L'idée : recruter une dizaine de migrants, une dizaine de SDF, des jeunes sortants de prison et des jeunes déjà insérés socialement, pour les faire jouer tous ensemble. Puis débuter après l'été,  une année d'entraînement auprès de joueurs souvent totalement novices, pour ensuite se lancer en compétition dès septembre 2019.
 
Mais le défi n'est pas que sportif. Ovale citoyen veut accompagner des jeunes exclus, sur le terrain et en dehors. Assurer la transmission de valeurs du rugby, les accompagner dans leur parcours d'éducation et de formation, mais aussi leur donner accès aux soins médicaux, avec la Fondation Bagatelle notamment.
 
 

Lever les obstacles

L'idée est là, reste à la concrétiser. Et les obstacles, s'ils ne sont pas insurmontables, sont nombreux. "Nous on connaît le rugby, admet Jean-François Puech. Mais on ne connaît pas bien les difficultés auxquelles sont confrontés les migrants. Et on peut faire des erreurs". Gurval Merpault, étudiant, et co-fondateur du collectif La Ruche un "squat" pour mineurs exilés a rapidement rejoint l'aventure. Tout comme la Fédération sportive et Gymnastique du travail, qui prend en charge les assurances santé, que la fédé n'était pas en mesure, légalement, d'assurer.
 

Politiques de tous bords

Coté soutiens politiques, le spectre est large: le conseiller municipal EELV et avocat Pierre Hurmic, à l'origine du nom et du slogan de l'équipe : "un raffut contre l'exclusion"; le conseiller régional PS Vincent Feltesse, l'adjointe LR au maire de Bordeaux Alexandra Siarri, le député Insoumis Loïc Prud'homme et le syndicaliste et ex-candidat à la présidentielle NPA Philippe Poutou.
 
 

A la recherche d'un terrain

Reste un défi, et de taille : le terrain. "Pour l'instant nous n'en avons pas, déplore Jean-François Puech. "Nous avons sollicité plusieurs clubs, mais ils restent frileux. Nous demandons  juste une pelouse, un vestiaire, et une salle pour servir une collation après les entraînements".

L'association est aujourd'hui en contact avec les communes de Bordeaux, Bègles et Pessac, afin de trouver une issue
 
"Si on ne trouve pas d'issue, vous serez tous conviés à notre premier entrainement sur les quais", prévient Jean-François Puech. 

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