Bordeaux: le baron présumé du cannabis en France Moufid Bouchidi condamné à 16 ans de prison

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Écrit par Agence France Presse
Moufide Bouchibi à la place du prévenu lors de son procès au tribunal correctionnel de Bordeaux (1er et 2 septembre 2021)
Moufide Bouchibi à la place du prévenu lors de son procès au tribunal correctionnel de Bordeaux (1er et 2 septembre 2021) © FTV

Le tribunal a condamné celui qui est décrit comme l'un des plus importants trafiquants de drogue en France à 16 ans de prison. Son avocat a évoqué l'intention de faire appel.

Moufide Bouchibi, dépeint comme l'un des plus importants trafiquants de drogue français, a été condamné jeudi 9 septembre à Bordeaux à 16 ans de prison pour une série de go fast en 2011 portant sur plusieurs tonnes de cannabis.
Le tribunal correctionnel a assorti cette peine d'une période de sûreté des deux tiers, d'une amende de 4 millions d'euros et d'une amende douanière de 2 millions d'euros.


A l'audience la semaine dernière, le représentant du ministère public avait requis 18 ans de prison contre le Franco-Algérien de 41 ans, qui avait été condamné en son absence en 2015 par ce même tribunal à 20 ans de prison, tenant compte d'un état de récidive, et à 1 million d'euros d'amende, lors d'un premier procès.
Son interpellation en mars à Dubaï, après neuf ans de cavale, puis son transfert en France, que la défense a toujours dénoncé comme une "extradition déguisée", avait débouché sur ce nouveau procès à Bordeaux, marqué par une guérilla procédurale, avec des demandes de nullité de la part de la défense.


Devant ses juges, le prévenu, surnommé "Mouf", avait contesté être derrière le trafic et mis en cause les écoutes téléphoniques, au coeur de la procédure, estimant qu'"un seul enquêteur (l)'identifiait".

Dans son réquisitoire, le vice-procureur Mathieu Fohlen avait souligné que lors d'une audition Moufide Bouchibi avait demandé s'il pouvait "payer l'amende [du premier procès] en cash" et que son avocat s'était empressé de dire que son client "plaisantait".

Décortiquant le contenu d'interceptions téléphoniques, il s'était attaché à démontrer "la maîtrise" et "l'ampleur" du trafic de M. Bouchibi, qui "était en capacité logistique d'envoyer en simultané des convois différents sur des

L'un des avocats de "Mouf", Me Thomas Bidnic, avait demandé aux juges "de constater qu'en l'absence d'extradition, il ne peut être jugé". A défaut d'une annulation de procédure, il avait demandé la relaxe, les invitant à résister à la "pression manifeste du ministère public" qui voulait "accrocher la tête de Moufide Bouchibi".

Intention de faire appel 


"C'est une violation systématique non seulement des textes mais aussi des principes d'un état de droit. Ce jugement n'a aucune rigueur. Mon client était condamné d'avance et la démonstration vient d'en être faite", a réagi Me Bidnic, qui a affirmé son intention de faire appel.

Dans cette affaire, "le droit a été haché menu, passé à la moulinette", a-t-il ajouté, très remonté. "La convention d'extradition a été violée, et ça n'a aucune importance. Tout a été comme ça dans ce procès...".
 

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