Clip de rap à Lormont : "on est aux antipodes du vivre ensemble qu'on défend" s'insurge le maire

 Voitures incendiées, armes factices, pétards. Le clip a été tourné par un rappeur marseillais dans un quartier de Lormont près de Bordeaux. Certains figurants sont de très jeunes mineurs. Une information judiciaire a été ouverte. Deux personnes mises en examen. Jean Touzeau, le maire s'interroge. 

image extraite du clip.
image extraite du clip. © Zako production
Le clip est affligeant : il montre des jeunes du quartiers brûler plusieurs voitures et motos, dégrader un hall d'immeuble, fumer des pétards. 

Le rappeur marseillais chante "j'rêve de m'évader, d'éclater un fourgon blindé.  Faut de l'argent c'est évident".
"Vas-y viens chez nous
". 
Mais ce n'est pas un quartier de la cité phocéenne qu'on découvre à l'image mais celui de Saint-Hilaire à Lormont près de Bordeaux.  
Le tournage s'est fait sans aucune autorisation. Quand Jean Touzeau, le maire socialiste découvre les dégâts, il avoue s'être senti "démuni". 

"On ne l'a pas vu venir" 

Car à Lormont, une ville de 24 000 habitants dont le taux de chômage grimpait à 25 % en 2016, la municipalité collabore avec la communauté d'enseignants pour aider les jeunes de ces quartiers populaires.

On travaille sur les cultures urbaines. On organise un concours international de battle. Ce clip est très loin de ce que nous portons. Qu’il reste à Marseille qu’il nous laisse tranquille. 


Car le maire condamne vigoureusement les faits, une "opération coup de poing pour se faire du fric" mais demande surtout des sanctions contre les auteurs :  " Le rappeur irresponsable" et "tous ses complices".  La société de production "qui manipule des jeunes en particulier des mineurs". Jean Touzeau est très virulent 

Quand vous voyez de jeunes enfants avec des armes factices brûler des voitures volées et que ce sont des adultes qui les incitent .... Qu’est ce qu’il est recherché ? Si ce n’est provoquer, aux antipodes du vivre-ensemble  du combat contre les haines que nous menons"


Jean Touzeau a saisi le ministre de l'Intérieur. Il invite aussi les parents des mineurs dont où peut voir le visage à porter plainte pour violation du droit à l'image. De son côté, le bailleur Domofrance propriétaire de la résidence Saint-Hilaire a également déposé plainte.  

L'enquête de police a permis d'établir que cinq véhicules avaient été volés et détruits lors du tournage du clip. 

Le parquet précise qu'"une information judiciaire a été ouverte des chefs de recel de vols et dégradations de biens par incendie. Deux personnes ont été mises en examen et placés sous contrôle judiciaire le 12 décembre". Un majeur âgé de 19 ans et un mineur de 14 ans selon le quotidien Sud-Ouest

La vidéo postée sur les réseaux sociaux il y a un mois et toujours en ligne affiche ce mardi 57 000 vues et de très nombreux commentaires pas tous élogieux : Vince Geril écrit : 

"Le clip s'adresse uniquement aux petites crapules, bédo, provocations… Désolé la crapule, mais tu seras jamais au niveau d'IAM ou la Fonky Family, ça s'est la classe. Là tu touches uniquement un public de loosers de quartier, les paroles sont pas très recherchées "carrera...", il faut être plus inventif mon gars... Après si tu me réponds avec des insultes, ça prouvera bien ton faible niveau, j'attends ta réponse.



Alexis Berguioil  lui fait le distinguo 

A ne pas confondre les personnes qui y habitent et cette bande de branleurs qui crament des motos et voiture sans aucunes raisons, mis à part pour un clip de rap mal tourné avec des paroles digne d'un enfant de 12 ans pétri au Rap merdique dans une MJC.

Sur le terrain, en ces périodes de fêtes "sensibles" le maire appelle à la responsablité du terrain et poursuit sa politique républicaine d'apaisement. 





 
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