Conseil constitutionnel : réforme validée, référendum rejeté, "la lutte continue" promettent élus et syndicats

La réforme des retraites est validée. Le référendum d'initiative partagée est, lui, rejeté. Ce vendredi 14 avril, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision, vers 18h. À Bordeaux, un rassemblement a été organisé pour l'occasion à 19h. Insatisfaits, mais pas surpris, syndicats et citoyens s'organisent déjà pour continuer la mobilisation.

Sur la place de la Victoire à Bordeaux, le rassemblement, à l'initiative de Solidaires 33, s'organise pour 19h. Le Conseil constitutionnel vient de statuer : la réforme des retraites est validée dans son point principal malgré une censure partielle, le référendum d'initiative partagée (RIP), lui, est retoqué. Si l'annonce était très attendue, l'espoir lui était mince parmi les syndicats et manifestants.

"On prend acte de la décision. Il n'est pas question de remettre en cause les institutions de la république.Ça n'empêche pas qu'on continue à émettre un avis défavorable", précise Grégory Gaudel, secrétaire général de la CFDT en Nouvelle-Aquitaine.

Du côté de la CGT, c'est la déception qui transparaît. "Ça ne va faire que rajouter de l'huile sur le feu et renforcer la détermination. On avait peu d'espoir, mais on espérait que la procédure que le gouvernement a utilisée pèse dans la balance", explique Stéphane Obé, secrétaire général de la CGT en Gironde.

État de droit

Désormais, le président a deux semaines pour promulguer la loi sur la réforme des retraites. Si le gouvernement a annoncé une action d'ici 48h, les députés restent divisés. 

"L'examen de ce texte a été fait consciencieusement, par rapport au droit surtout. Nous sommes dans un état de droit. Nous ne pouvons pas tout le temps tout remettre en cause. Si la loi est promulguée, il faudra s'y plier", avance Sophie Panonacle, députée de la majorité en Gironde.

Impensable pour le Rassemblement National. Edwige Diaz refuse d'en rester là. "Je dis aux Français que tout n'est pas terminé. Il va falloir se saisir d'une dernière arme, le bulletin de vote et je réitère évidemment mon soutien aux manifestants malgré l'entêtement d'Emmanuel Macron dans la brutalité qui le caractérise", regrette la députée RN de Gironde.

Du côté des Verts, la mise en garde est de rigueur. 

Le Conseil constitutionnel est là pour dire le droit et la comptabilité avec la constitution. Ce n'est lui le problème, c'est le gouvernement, inflexible face à la demande croissante de la population.

Nicolas Thierry

député de la Gironde

Continuer la lutte, la France Insoumise y est aussi favorable. "C'est scandaleux. Ceux que nous appelons les Sages semblent être à la botte du gouvernement et ont pris une décision qui leur correspond bien. C'est bien la preuve, que nous montrons avec plusieurs députés, que la cinquième république est à bout de souffle", regrette Pascale Martin, députée LFI en Dordogne.

1er mai historique

Une décision sans surprise pour la CDFT, qui a décidé de ne pas participer au rassemblement. Loin d'être abattus, ils organisent déjà la suite.

"Ça n'enlève pas la détermination qui est la nôtre. La loi est injuste et brutale depuis le début. On va appeler à un premier mai qui va être historique où tout le monde doit se mobiliser", explique Grégory Gaudel.

Si la date est déjà cochée dans de nombreux calendriers, la CGT ne s'y cantonnera pas.

Ça ne va pas être la seule mobilisation, c'est certain. En parallèle, on va se réunir avec les salariés pour amplifier les grèves, les grèves reconductibles.

Stéphane Obé

secrétaire général de la CGT en Gironde

La lutte, les écologistes veulent la mener au-delà de la rue. "Les mobilisations, c'est la réponse syndicale. Nous, au niveau politique, il faut qu'on affiche plus que jamais un front uni, une union de la gauche face à ce gouvernement qui reste inflexible", analyse le député EELV de la Gironde.

Derniers espoirs

Si, selon les informations du gouvernement, la loi devrait être promulguée dans les 48h, les syndicats attendent encore, comme une dernière carte à abattre, la seconde demande de RIP qui sera étudiée le 3 mai prochain.

"La première a été rejetée a priori à cause d'une mauvaise rédaction. On verra ce que le Conseil constitutionnel en dit sur sa rédaction", précise Grégory Gaudel.

Plus qu'un outil, pour les écologistes, il s'agit "du moyen le plus sain d'exprimer la colère du peuple". "C'est l'occasion de pouvoir s'exprimer massivement, c'est la réponse politique et démocratique de cette lutte", précise Nicolas Thierry, député EELV de Gironde.

"Très difficile à aboutir" selon le Rassemblement National, le parti de Marine Le Pen annonce quant à eux, déposer une demande de RIC (référendum d'initiative citoyenne).

En tête, tous gardent un dernier espoir. La loi sur le CPE, promulguée en 2006 sous Jacques Chirac. Elle avait finalement été retirée, sous la pression populaire. "Il est temps qu'Emmanuel Macron comprenne l'ampleur de son mandat qui porte le peuple entier et fait vivre la démocratie", rappelle Stéphane Obé.