En Gironde, le combat des associations pour aider les plus précaires

Dans toute la Gironde les associations qui viennent en aide aux familles précaires commencent à appréhender les jours à venir, exemple à Pauillac et à Bordeaux.
 

Une distribution alimentaire par le secours populaire de Pauillac
Une distribution alimentaire par le secours populaire de Pauillac © Secours Populaire
Ce vendredi, c’était jour de distribution. Les familles peuvent venir retirer leur colis, en respectant les horaires donnés par le Secours populaire de Pauillac, afin que personne ne se croise. 
 

"De nouvelles familles arrivent"

Deux fois par semaine, elles sont des dizaines à attendre ce moment vital. Serge Uria, secrétaire général du Secours populaire de Pauillac ne s’en étonne pas mais s’en inquiète :
" Depuis le début du confinement et au fur et à mesure que le temps passe, de nouvelles familles arrivent, des parents qui se retrouvent sans revenu, comme par exemple des mamans isolées qui n’ont plus d’enfants à garder avec le télétravail."

Une famille ne peut venir qu’une fois par semaine pour permettre des distributions équitables. La famille emporte des produits frais, des conserves, mais pas seulement.


Des stocks qui s'épuisent 

Trois enseignes locales de Pauillac et Lesparre ( Leclerc, Carrefour, Lidl) donnent 200 à 400 kilos par semaine ; des aliments qu’il faut aussi trier, car il n’est pas question de donner des légumes abîmés s'il y en a. 
Mais face à la demande, l’association est contrainte de puiser dans ses stocks annuels et d’acheter certaines denrées sur ses fonds. Avec un budget global qui approche les 30 000 euros elle aimerait pouvoir compter sur plus de dons.
 

"L'autre jour, une personne est venue nous donner 1 000 euros !"

"On a demandé des aides financières aux grands châteaux du Médoc, nous n’avons pas eu de réponse. 
En revanche, des particuliers font des dons comme ils le peuvent, l’autre jour une personne est venue nous donner 1000 euros !"

 

Faire vivre les producteurs locaux

Cet argent qu’ils auraient aimé voir arriver depuis les châteaux, servirait à acheter carottes, pommes de terre ou encore asperges et fraises aux petits producteurs locaux qui eux aussi ont besoin de vivre. 
Les bénévoles eux sont là et travaillent sans relâche pour faire les colis et les répartir. 

De chômeurs bénévoles

"On a fait des petites équipes pour éviter trop de personnes en même temps sur le site. Nous avons perdu nos bénévoles plus âgés par mesure de précaution, mais nous sommes secondés par de nouvelles personnes au chômage qui sont venues nous aider ".

Des stocks qui baissent et de l’argent qui entre peu, sur ce territoire qui fait partie des zones sensibles du département on compte plus que jamais sur la solidarité . 
Aujourd’hui, Serge Uria se réjouit : dans les colis, il y avait encore des chocolats pour les enfants.

 

A Bordeaux, la demande explose

D’un bout à l’autre de la Gironde, les constats sont les mêmes, les craintes aussi. A la Bastide, sur la rive droite de Bordeaux, la Croix rouge qui a en temps normal une antenne Mamans Bébés et un espace familles, a été contrainte de ne faire qu’une séance d’ouverture pour les bénéficiaires toutes familles confondues quel que soit l’âge des enfants. 
 

Certaines personnes vivotaient, mais ces personnes ont épuisé la moindre économie puisque le confinement ne permet plus aucun petit travail.
Michèle Serres, Croix Rouge de Bordeaux


Et depuis hier ce n’est pas la demande qui fait défaut note Michèle Serres responsable de l’espace maman Bébé de la Croix Rouge de Bordeaux : " Nous avons eu une demande explosive et nous avons répondu à près de 100 familles, avec des mamans que les assistantes sociales nous adressent en dépannage, alors que d’ordinaire nous suivons une trentaine de familles".

Avec ce bond, les huit bénévoles déploient toute leur énergie pour accueillir ceux qui arrivent jusqu’à eux. 

" Avant, certaines personnes vivotaient, mais ces personnes ont épuisé la moindre économie puisque le confinement ne permet plus aucun petit travail. Certaines mamans sont dans des situations extrêmes. " 
 

Tenir jusqu'en mai

Alors pour répondre à cette demande, Michèle Serres envisage d’ouvrir à nouveau un espace mamans et enfants de moins de 2 ans, sauf que rapidement, des produits vont manquer à commencer par les couches et le lait. 
En temps normal, La croix rouge achète à la banque alimentaire.

Elle est aussi en partenariat avec Nestlé, qui lui apporte une aide financière régulière, jusqu'à la fin de 2020. Aujourd’hui, la Croix rouge a une urgence pour sa population de mamans et de bébés : arriver à tenir jusqu’à la fin du mois de mai. 
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