Hôpital : des anesthésistes-réanimateurs débutent une grève « dure »

Les anesthésistes dénoncent une réforme du Ségur de la santé qui accélère les carrières de nouveaux médecins mais pas de ceux déjà en poste. Au CHU de Bordeaux, le mouvement s'annonce suivi.

© France 3 Aquitaine

"Dans mon service, on est 100% de grévistes au niveau des anesthésistes réanimateurs, il y a même des chirurgiens qui nous suivent, nos chefs de service aussi ! C’est du jamais vu !"
La coupe est pleine pour la profession. Louise Gouyet-Calia est anesthésiste au CHU de Bordeaux. Avec son syndicat le SNPHARE, qui représente l'ensemble des praticiens hospitaliers, elle proteste contre une situation jugée injuste et lance un appel à la grève illimitée pour dénoncer un volet du Ségur de la santé.

Dans le Ségur, il y avait la promesse d'augmenter l'attractivité de l'hôpital public. Mais on ne s’attendait pas à ce résultat-là !  

Louise Gouyet-Calia - anesthésiste CHU Bordeaux - Syndicat SNPHARE -

Le syndicat veut obtenir le rétablissement d’une égalité de traitement des praticiens hospitaliers. "Aujourd’hui, un jeune qui arrive gagne plus que ses collègues qui ont débuté il y a quatre ans, vous trouvez ça normal ?"
Actée en juillet 2020, la suppression des trois premiers échelons de carrière est favorable aux nouveaux embauchés, mais ceux qui ont été recrutés avant 2020 "se voient désavantagés de 4 années d’ancienneté par rapport à leurs collègues nommés cette année", dénonce le Snphare.

Cette mesure va "vider l'hôpital de ses médecins"

Les praticiens hospitaliers estiment que cette réforme oublie toutes les personnes qui travaillent déjà dans l'hôpital public depuis des années. «Si on crée une injustice entre les plus jeunes et ceux qui ont tenu l'hôpital public jusqu'à maintenant, tout le monde va s'en aller", redoute Anne Geffroy-Wernet, la présidente du Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes Réanimateur Elargi.
Louise Gouyet-Calia fait le même constat et regrette que la fidélité à l’hôpital public ne soir pas récompensée : "Déjà que l’on voit partir des gens de tous âges pour le privé ou ailleurs, avec une telle mesure ça va faire boule de neige !"   
Le mouvement concerne tous les praticiens hospitaliers, des anesthésistes-réanimateurs aux chirurgiens en passant par les psychologues, les pédiatres ou les cardiologues. «Ce n'est pas qu'une histoire de salaire, si nous ne sommes plus assez nombreux, la prise en charge des patients est en danger».
Dans les faits, ce mouvement de grève a un impact sur les consultations. Elles sont supprimées et certaines interventions non urgentes reportées.

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