"Jojo, le roi du loto" soupçonné d'avoir escroqué plus d'1,7 millions d'euros, devant les tribunaux

Le procès de Jonathan. L, aussi appelé " Jojo le roi du loto " et de sa femme, s’ouvrait ce jeudi 29 février devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Le couple est soupçonné d’avoir détourné les gains générés par les lotos qu’ils animaient. L'audience a finalement été renvoyée à une date ultérieure.

Depuis plus de dix ans, des centaines de personnes se pressent pour assister aux grands lotos organisés par celui qui se fait appeler "Jojo le roi du loto". Des danses, du show et des rires fusent de la salle lors de ces soirées inoubliables pour les Bordelais. Aujourd'hui, il est soupçonné d'avoir détourné plusieurs millions d'euros de gains, qui devaient initialement être reversés à des associations.

"On s'amusait"

La passion des lotos lui est venue dès son plus jeune âge. "J'étais tout petit, j'allais dans les lotos à Martillac, on s'amusait", avait déclaré le Girondin, sur le plateau de France 3 Aquitaine le 7 avril 2023.
Celui qui a commencé à organiser des lotos à la mort de son père fait salle comble tous les soirs et rencontre un énorme succès. Il décide d’utiliser sa notoriété et son business pour "faire du bien autour de lui".

Il fonde alors les associations "À cœur perdu", "Quatre pattes", et "Aide service pédiatrie" et décide d’utiliser ses lotos pour récolter des fonds pour diverses causes (lutte contre le cancer, protection des animaux et autres).

Roi du loto ou roi des escrocs ?

Après des années de bienfaisance, "Jojo le roi du loto" devient incontournable et organise plus de trois lotos caritatifs par semaine. Seulement voilà, tout bascule le mardi 19 septembre 2023. Jonathan anime alors un loto dans la salle de réception de l’Espace DS, à Bordeaux, comme à son habitude.

Mais cette fois-ci, des joueurs particuliers se sont glissés parmi les invités : des enquêteurs de la division des affaires économiques et financières de la PJ de Bordeaux, du Service central des courses et jeux, et du Service d’enquêtes judiciaires des finances (SEJF).

Jonathan. L et sa femme se retrouvent immédiatement arrêtés et placés en garde à vue. Le mythe "Jojo le roi du loto" s'effondre sous les yeux des participants, choqués par la scène à laquelle ils assistent. Le couple est accusé "d’abus de confiance, de blanchiment d’argent, fraude fiscale et travail dissimulé" notamment.

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Le procès de Jonathan L. s'ouvre ce jeudi 29 février. ©France 3 Aquitaine

Plus d'1,7 million d'euros de préjudice.

Lors des plus de 500 évènements organisés depuis 2013, les bénéfices réalisés s’élevaient à 4,8 millions d’euros. Si 500 000 euros ont réellement servi de dons aux associations, d’après la police qui a épluché les comptes de Jonathan, plus de 1,7 million d’euros auraient été détournés par l’organisateur et environ 100 000 auraient atterri sur le compte de sa compagne. Les policiers soupçonnent les associations de n’être que des façades servant à détourner l’argent, les lotos étant autorisés uniquement dans des cadres caritatifs en France.

L'audience renvoyée

Le procès du couple s’ouvrait ce jeudi 29 février à 14 heures devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. La Ligue contre le cancer et L'institut Bergonié, qui ont bien bénéficié des donations du "roi du loto", se sont portés partie civile.

La défense a d'abord demandé un allègement du contrôle judiciaire, afin de passer d'un pointage journalier à un pointage mensuel. Une demande à laquelle le ministère public, par l'intermédiaire de l'avocate générale, s'est "très fermement" opposée.

En outre, le couple, qui devait rembourser 20 000 euros aux parties civiles, n'en a versé que 2 000. Un manquement que l'avocate de la défense a attribué à "leur niveau de vie actuel [qui] ne permet pas de rembourser la somme", avant de demander une baisse de la caution. Une demande injustifiée pour le président, qui a invité les prévenus à mettre en œuvre tous les moyens possibles pour le respecter d'ici au prochain procès.

L'affaire a été renvoyée en juin pour une audience relais, avant un nouveau procès prévu en octobre.