"Notre corps nous appartient” : à Bordeaux, 400 personnes manifestent pour défendre le droit à l’avortement

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Écrit par Barbara Gabel avec H. Smague

Une trentaine de manifestations était organisée, ce samedi 2 juillet, pour défendre le droit à l'IVG à travers la France. À Bordeaux, environ 400 personnes ont défilé jusqu'au consulat américain, une semaine après la décision de la Cour suprême des États-Unis d’annuler l’arrêt Roe vs Wade qui reconnaissait depuis 1973 le droit à l’avortement au niveau fédéral.

"Contre l’avortement, fais-toi une vasectomie", "Notre corps nous appartient”, "Simone, ça déconne !", peut-on lire sur des pancartes. À Bordeaux, plusieurs centaines de personnes, dont beaucoup de très jeunes femmes, ont défilé ce samedi 2 juillet à l'appel du collectif Avortement en Europe, les femmes décident. Au total, elles étaient environ 400 selon la police, un millier selon les organisatrices, a appris dimanche l'AFP.

Un rassemblement qui fait suite à la décision de la Cour suprême des États-Unis. Le 24 juin dernier, elle a mis fin à l’arrêt Roe vs Wade qui garantissait depuis 1973 le droit à l’avortement dans tout le pays. Il appartient maintenant à chacun des 50 États de se prononcer sur l’IVG. La moitié d'entre eux, selon l'institut Guttmacher l'ont déjà interdit ou envisagent de le faire.

"S’il faut se battre, nous nous battrons !”

“Unissons-nous pour que le droit à l’avortement soit un droit universel au-delà de toutes les frontières et pour garantir une réelle solidarité internationale !”, scande une porte-parole du Planning Familial de la Gironde, avant de poursuivre, micro en main : “S’il faut résister, nous résisterons ! S’il faut se battre, nous nous battrons !”

Dans le cortège de manifestants, beaucoup de jeunes filles. “C’est quelque chose que je veux défendre pour moi et pour les autres femmes”, explique cette Bordelaise de 16 ans. “C’est un droit fondamental et qui mérite d’être respecté partout dans le monde.” L'adolescente est venue accompagnée de sa mère : “C’est une éducation fondamentale que d’enseigner à mes filles le droit de disposer librement de leur corps, quoiqu’il arrive.”

Un peu plus loin, une septuagénaire porte une affiche avec l’inscription “2 avortements, 2 enfants, 2 petits-enfants… Je vous emmerde !” Elle s’explique : “J’ai avorté une fois dans l’illégalité, une fois dans la légalité. Je me suis battue en 1979 pour reconduire la loi Veil… Aujourd’hui je me bats pour ma petite-fille, mon petit-fils et le droit de choisir si on veut un enfant ou pas !”

"Les femmes qui meurent sous IVG clandestine, ce n’est pas un mythe, ça existe !”

Et les hommes aussi se sentent concernés. “Je suis attaché au respect du droit de l’IVG en France”, explique ce trentenaire. “L’IVG a toujours existé depuis la nuit des temps. Les femmes qui meurent sous IVG clandestine, ce n’est pas un mythe, ça existe !”

Pour cette autre manifestante bordelaise, l’interdiction de l’IVG “ne fait qu’accentuer toutes les discriminations et les inégalités”. Elle s’inquiète qu’un jour cela puisse arriver en France : “Je pense qu’on est dans une situation où la société régresse et nos droits régressent, je ne suis pas rassurée.”

Depuis la décision de la Cour suprême des États-Unis, les initiatives pour défendre le droit à l’IVG ne cessent de se développer en France. Plus de 400 avocats ont notamment signé une tribune dans le Journal du Dimanche. Ils appellent à inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution française.

Aujourd'hui, la question divise la classe politique française. Le groupe Ensemble ! et l'intergroupe Nupes ont déposé une proposition de loi qui vise à inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution.