Nouvelle-Aquitaine : des clusters de rhinopneumonie équine inquiètent le monde du cheval

Le virus n’est pas transmissible à l’homme mais peut-être mortel pour les chevaux. On dénombre trois clusters dans la région. L’épidémie est partie d’un concours en Espagne à la mi-février.

Un test PCR, comme celui pour le cornavirus, est nécessaire pour détecter la maladie.
Un test PCR, comme celui pour le cornavirus, est nécessaire pour détecter la maladie. © FTV

Le seul moyen pour diagnostiquer le virus est un test PCR à l’image de celui réalisé pour la Covid-19. Mais toute ressemblance avec le coronavirus s’arrête là. La rhinopneumonie est un herpès virus très virulent qui malgré un vaccin voit une forme actuelle provoquer de graves symptômes neurologiques.

Deux tests PCR à une semaine d’intervalle

« Ces symptômes vont soit avoir une dégradation très très rapide", explique Mathieu Lenormand vétérinaire équin, « et cela va prendre une forme sévère qui peut être fatale. Parce qu’on sait qu’à partir du moment où le cheval se couche c’est que son pronostic vital est engagé ».

Pour écarter la maladie il faut deux tests PCR négatifs à une semaine d’intervalle. Les prélèvements sont analysés a la clinique équine de Saint-Aubin-de-Branne. Une mesure de précaution mise en place pour pouvoir transporter un équidé en toute sécurité. On obtient le résultat en vingt minutes seulement.

Chevaux en quarantaine

« En ce moment clairement la mesure de précaution adéquate est de laisser les chevaux à la maison et de les travailler à la maison s’ils vont bien et d’éviter de les déplacer », préconise Marianne Dépecker, vétérinaire équin, spécialiste de la médecine interne. Une mesure qui vaut pour tous les chevaux, de compétition ou pas.

Cette épidémie s’est déclarée à Valence en Espagne lors d’un concours international de saut d’obstacles auquel participaient 700 chevaux. C’était à la mi-février. Parmi eux, ceux du girondin Loïc Durain. « On a eu des chevaux qui étaient au plus mal", explique le cavalier professionnel.

J’ai décidé, comme nous avions les autorisations de départ, d’écourter le séjour et de partir le dimanche sans participer à la fin de la compétition.

Loïc Durain

 Ses onze chevaux contaminés sont bien rentrés en Nouvelle-Aquitaine mais pas dans leurs écuries habituelles. C’est à Saint-Genès-de-Lombaud, qu’ils ont été placés « dans une écurie complètement vide qui ne sert qu’à l’organisation de compétitions ». « Cela nous a permis de mettre les chevaux en quarantaine sans qu’il y ait vraiment aucun contact avec d’autres chevaux », précise Loïc Durain.

Rapatriement des chevaux et suspension des compétitions

On dénombre trois clusters isolés en Nouvelle-Aquitaine. Il en existe une dizaine d’autres en France, en suisse, en Belgique et en Allemagne. La Fédération d’équitation a décidé de suspendre pour un mois tous les rassemblements, stages, et compétitions sous son égide. Elle organise aussi parallèlement le rapatriement des 1500 chevaux actuellement bloqués en Espagne et la mise en place d’escale entre la péninsule et la France.

« C’est un peu comme la peste », analyse Frédéric Morand vice-président de la Fédération Française d’Equitation. « Tout le monde a peur. Donc on est en train de trouver des sites pour héberger les chevaux le temps de se reposer et pour que le chauffeur puisse se reposer lui aussi avec un vétérinaire sur place et des consignes de désinfection des boxes au fur et à mesure ». L’une de ces escales est en train d’être mise en place au Pays basque.

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