"On subit les conséquences" : à Bordeaux, L214 manifeste contre l'élevage intensif

Après une mobilisation hier à Anglet, les militants de l’association L214 ont manifesté ce dimanche 17 janvier, à Bordeaux. Ils dénoncent "un manque d’anticipation" des pandémies. Dans le Sud-ouest, 1 116 000 de volailles ont été abattues depuis le début de l’épidémie. 

Les militants de L214 ont réalisé plusieurs opérations depuis hier pour interpeller les élus sur les liens entre pandémie et élevages intensifs.
Les militants de L214 ont réalisé plusieurs opérations depuis hier pour interpeller les élus sur les liens entre pandémie et élevages intensifs. © France 3 Aquitaine

Masques floqués"on subit les conséquences" sur le nez, une quinzaine de militants L214 ont tracté, place de la Comédie, à Bordeaux. Une opération qui a débuté à 14h ce dimanche, et qui devrait se poursuivre tout l'après-midi. En ligne de mire : les zoonoses, des maladies animales qui se transmettent aux humains. Une mobilisation actuelle donc, qui mêle Covid et élevage intensif. 

"On pratique la distanciation sociale avec le Covid-19, et d'un autre côté, on entasse des animaux dans des espaces clos. Cela favorise la circulation d'agents pathogènes. Les élevages intensifs sont des bombes sanitaires", explique Gaëlle Lachiver, bénévole de l'association. 

Parmi les passants, beaucoup semblent déjà convaincus. "Mes grands-parents étaient agriculteurs. Quand ils mettaient 2 000 poulets dans le même endroit, forcément, le virus se développait. C'est pas une supposition, c'est la réalité", explique un promeneur. 

"On subit les conséquences, quand est-ce qu'on agit sur les causes ?"

Depuis vendredi, les militants ont également collé des affiches dans plusieurs lieux bordelais. "Le but est d’interpeller les élus locaux et de sensibiliser le public à notre action", explique l’association sur Facebook. 

Pour cette campagne, l’association s’appuie sur une lettre ouverte, rédigée par un comité de scientifiques, qui appelle le gouvernement à anticiper les épizooties et les pandémies. "L’augmentation des zoonoses est directement liée à l’augmentation des animaux d’élevage", explique L214.

Selon l’association, "99 % des lapins, 95 % des cochons et 83 % des poulets sont élevés en bâtiments clos en France". Des élevages intensifs qui seraient, selon les militants, à l’origine des épizooties.

Elle demande donc au gouvernement, via leur slogan "On subit les conséquences, quand est-ce qu'on agit sur les causes ?", d’"interdire la construction de nouveaux élevages intensifs, diminuer le nombre d’animaux élevés pour la consommation et sortir de l’élevage intensif et industriel en accompagnant ceux qui en dépendent". Des demandes soutenues par la Convention citoyenne pour le climat, précise L214, dans une pétition en ligne.

Des manifestations qui surviennent alors que plus d’un million de volailles ont déjà été abattues depuis le début de l’épidémie. Principalement active dans le Sud-ouest, l’influenza aviaire a déjà créé 239 foyers dans les Landes et 12 dans les Pyrénées-Atlantiques où plus de 400 villes sont désormais sous surveillance. 

Hier, samedi 18 janvier, la préfecture du Lot-et-Garonne a annoncé l’abattage de volailles à Saint-Pé-Saint-Simon, un village situé à moins de 5 km d’un foyer, dans le Gers. Une situation révoltante pour le président de la chambre d’agriculture du département. Serge Bousquet-Cassagne, président de la chambre d'agriculture du département, a assuré qu’il viendrait en aide aux éleveurs qui refuseraient de tuer leurs animaux. Une décision motivée par l’absence de volailles malades dans le Lot-et-Garonne.

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